Ils formaient des corps d’armée constitués par des étrangers. Leur contribution n’est pas négligeable. Comment appréhender ces acteurs ou victimes du deuxième grand conflit mondial? Le Musée Blue Penny, au Caudan, consacre une exposition aux Mauriciens qui ont contribué à la Seconde Guerre mondiale. Voici le résumé qui en est fait!
“70 ans de paix, ce n’est pas rien… Evidemment, la paix est toujours une notion toute relative et ô combien fragile, mais tout de même, pour tous ceux qui avaient connu les affres de 39/45 ou de 14/18, cette paix du 8 mai 1945, signifia certainement beaucoup. L’Ile Maurice de 2015 se rappellera-t-elle celles et ceux qui, à un titre ou à un autre, prenant des risques plus ou moins grands, ici ou au loin, luttèrent afin de permettre le retour de cette paix chérie et d’éliminer l’hydre nazie qui la menaçait ?
C’était hier, si proche…, des hommes, des femmes, n’hésitèrent pas à faire don d’eux-mêmes, juste pour une certaine idée de la liberté et l’envie passionnée d’un monde meilleur. Certains, au péril de leur vie, contribuèrent à faire reculer l’épais nuage de suie brune qui recouvrait l’Europe. Pour signifier notre gratitude d’avoir pu grandir dans un monde paisible, garantie de notre développement, se remémorer ces héros ne sera pas un exercice inutile, mais plutôt une réflexion sur la présence mauricienne dans la Seconde Guerre mondiale, trop souvent ignorée ou minorée. 70 ans, c’est presque une vie et rendre hommage au moment où quelques-uns sont encore bien présents pour entendre notre reconnaissance, cela est donc crucial.
75 ans, l’occasion certaine de se remémorer les Lise et Claude Baissac, Alix d’Unienville, France Antelme, Joseph Philippe Suzor, Soopayen Meenatchee, Louis P. Houbert, et bien d’autres qui, tous, à un degré ou à un autre, ont donné de leur personne pour se débarrasser du nazisme. Simples fantassins à Monte Cassino ou agents secrets du SOE parachutés en France, gardiens vigilants de l’Ile de la Passe ou Juifs prisonniers à Beau-Bassin, libérateurs de Copenhague ou partisans et résistants dans les maquis français, radios amateurs ou pilotes de forteresses volantes, chacun, à un degré ou à un autre, aura contribué à l’effort de guerre, boutant l’ennemi hors de nos frontières, puis le combattant chez lui, sur son propre territoire, jusque dans son bunker pourtant réputé imprenable…
Il y aurait de l’ingratitude, pour ne pas dire de l’amnésie, à ne pas évoquer chaleureusement et avec admiration tous ces héros mauriciens qui ne visaient sûrement pas la gloire, dissimulés qu’ils étaient…, mais qui ont permis à eux, tous et souvent dans l’anonymat… la victoire. Il nous a semblé qu’une modeste exposition qui leur serait consacrée, permettrait de mieux les faire connaître et admirer du grand public. Ce ne serait que justice.»