Lors d’une cérémonie organisée conjointement par le Rabindranath Tagore Institute, le Mahatma Gandhi Institute et le Centre culturel Indira Gandhi, lundi dernier, dans le cadre de la célébration du 151e anniversaire de la naissance de Rabindranath Tagore, compositeur, écrivain, dramaturge, peintre et philosophe indien, le public a eu l’occasion de découvrir l’oeuvre picturale de celui qui a été le premier écrivain non Occidental à se voir décerner le prix Nobel de la Littérature en 1913.
C’était l’occasion pour le haut commissaire indien, T.P. Seetharam, de parler sur la vie et l’oeuvre de l’homme universel que fut Tagore.  T.P. Seetharam et le ministre de l’Education, Vasant Bunwaree, ont également procédé à l’ouverture d’une exposition numérique des oeuvres de Tagore appartenant à Jorasanko Thakurbari de Kolkata.
Dans la plupart des oeuvres exposées, Tagore décrit son pays natal. Le Bengale était pour lui, plus qu’un lieu, c’était une manière de vivre. Il semble que Tagore se laissait submerger par la vibration de l’air et de la lumière de cette région de la péninsule indienne.
Dans certains de ses oeuvres, Tagore consacre une place de choix aux portraits tristes de Kadambari Devi, sa belle-soeur. Dans Veiled Women, Three Witched from Macbeth, Tagore explore subtilement les sensations, les découvertes et les angoisses de la femme, mais surtout s’y livre avec une authenticité inédite en utilisant les techniques mixtes, l’encre, le crayon, la calligraphie et le pastel. Sa gravité servie par un humour féroce et une écriture débarrassée de tout effet, emportent l’adhésion sans restriction.
Vers la fin de sa vie, lorsque Tagore se met à la peinture, il se joue des étiquettes pour révéler son rêve d’universalité, d’épanouissement de l’individu, du rôle de la famille et du le rôle central de la spiritualité dans la vie d’un individu.
A l’âge de 63 ans, déjà célèbre par ses romans, Tagore devenait une référence dans le domaine de la peinture. Son pinceau devint vite prolifique. Son oeuvre picturale réflète sa vision du monde. Sa passion l’entraîne à adopter une facilité déconcertante figurant des scènes de vie de Calcutta. Des tableaux peints dans une gamme de pigments limités dont le mélange, tout en finesse, crée des nuances parfaitement adaptées à l’humeur de l’époque. Certains personnages en clair-obscur, d’autres brutalement éclairés nous donnent à percevoir  la dramaturgie de ce théâtre vivant qu’est la peinture de Tagore.
Kiran Peryagh-Seebundhun et V. Balloo, les deux responsables de l’exposition au Rabindranath Tagore Institute à l’îlot nous ont exprimé leur satisfaction devant l’intérêt démontré par le public, surtout les élèves des institutions secondaires, pour les oeuvres de Tagore.