Sophie Koenig, peintre abstrait, propose Intériorités, une seconde exposition depuis son retour au pays natal, qui ouvre ce soir à la galerie Imaaya jusqu’au 19 décembre. Après trente ans de vie parisienne, elle était revenue au pays où elle a trouvé dans une ruine de corail, le matériau de prédilection qui servirait désormais de support à son expression…
Après l’exposition de 2009, Sophie Koenig revient avec treize pièces de formats relativement grands, le plus souvent panoramiques, parfois carrées, que ses couleurs nuancées et délicatement posées épousent avec bonheur. Pas de corail blanc, une pièce mise à part, mais essentiellement ce corail beige voire légèrement rosé, à la texture douce et accidentée, constellée de minuscules petits trous et de canaux irréguliers. À la manière des artistes de l’antiquité qui ont légué les principaux témoignages de leur époque gravés ou peints pour l’éternité dans la pierre ou le marbre, Sophie Koenig fixe ses couleurs sur des plaques minérales dont elle laisse toujours apparaître la matière en guise de cadre par de larges bordures. Le contraste en est heureux et frappant, entre la porosité de ce support étonnant qui fut animal tout en ressemblant aux végétaux, et la peinture lissée qui semble s’inscrire dans le prolongement d’une tradition coloriste magnifiée par Nicolas de Staël. Ces compositions montrent qu’elle entretient à travers son expression une vie intérieure sereine, où la spiritualité et la méditation ont une place de choix.