Le public aura deux jours, soit les 18 et 19 juillet, pour découvrir le monde imaginaire d’Emmanuelle Revel-Pellet, peintre et illustratrice, installée à Maurice depuis presque un an. Elle expose ainsi une sélection de ses travaux à la galerie Agartha, au 5 rue Saint-Georges, dans les locaux classés patrimoine historique depuis l’an dernier de l’ancien consulat de France, aujourd’hui valorisé par les sociétés Avila et Selenia.
Du rêve, de l’humour grinçant et une passion illimitée pour les grands maîtres de la peinture. Ainsi pourraient se résumer les propositions picturales que nous fait l’artiste Emmanuelle Revel-Pellet à travers différentes séries qu’elle expose à la galerie Agartha, à Port-Louis. Le visiteur pourra par exemple découvrir huit des illustrations humoristiques qu’elle prévoit d’inclure dans un livre en préparation sur cet incroyable décalage dans lequel vivent les touristes qui séjournent à Maurice par rapport au pays qu’ils sont censés visiter. Ici, des couples en vacances se chamaillent gentiment ou exultent de bonheur en courant sur une plage, à la manière des baigneuses de Picasso, mais dans une silhouette et un stylisme complètement revisités. Dans ce même esprit d’humour, de légèreté et tendre moquerie, l’artiste réalise aussi des illustrations pour le magazine Luxembourg Féminin.
L’autre grand volet de cette exposition relève plutôt de l’imaginaire, du rêve et des contes initiatiques, nous renvoyant certes au monde de l’enfance mais interrogeant aussi nos peurs d’adultes. Le pierrot de Watteau, la Madeleine pénitente de de La Tour, les trompe-l’oeil de Gérard Dou, Leonard de Vinci ou encore la grande vague d’Hokusai… ses tableaux sont bourrés de références aux grands maîtres, dans un esprit de partage et de réinterprétation. Ce peintre travaille inlassablement ses glacis, passant patiemment des dizaines de fines couches de peinture pour retrouver le caractère brumeux et indéfini d’une ligne d’horizon, ou donner chair au modelé d’un visage. Dans Manège, ci-contre, un drôle d’équipage composé d’un chien et d’un cheval évadés d’un manège, l’artiste nous entraîne vers l’inconnu, dans cet espace où le ciel et la mer ne font plus qu’un, où la réalité d’un îlot du Monténégro contraste avec cette vision surréaliste de jouets d’enfants qui mènent leur vie dans un élan de liberté.