La galerie Imaaya propose cette fois de s’intéresser à l’esthétique des objets utilitaires en accueillant une exposition de design en collaboration avec Ekla. Créée par deux stylistes basées à Maurice, Ekla représente ici différentes marques de mobilier, pour les unes créées à Maurice (Daniel de Robillard) et pour les autres en Europe, dont le point commun consiste à allier originalité esthétique et simplicité. Charlie d’Hotman propose ainsi de considérer l’objet utile comme une oeuvre d’art que l’on achète pour sa ligne esthétique, sans bien sûr négliger la fonction qu’il occupera chez soi. La galériste souhaite aussi que les jeunes designers profiteront de cette occasion de voir réunis plusieurs démarches de création.
Le développement du mobilier fabriqué à la chaîne et la démocratisation de la consommation ont tendance à nous faire oublier qu’un meuble, une lampe ou un bougeoir peut aussi être une pièce unique, un objet d’art, le fruit du patient labeur d’un artisan faisant corps avec la matière dont il est le spécialiste. Il n’y a d’ailleurs qu’à se demander combien de véritables ébénistes notre pays compte encore pour s’en rendre compte. Shenaz Currimjee s’est associée avec une styliste française basée à Maurice pour proposer différentes lignes de mobiliers et objets pour la maison et ses abords extérieurs, pensés selon des principes d’originalité esthétique, sans compter dans certains cas le caractère environnemental ou équitable. Rien de clinquant ou de tape-à-l’oeil dans ces propositions, ces meubles, lampes, objets de verrerie et autres bougeoirs surprenant par l’épure de leur ligne.
« Je vends des oeuvres d’art depuis un certain temps et l’idée me plaît qu’une personne puisse aussi acheter un meuble comme s’il s’agissait d’une oeuvre d’art », nous explique Charlie d’Hotman, qui présente jusqu’au 31 août cette exposition de design. Elle avait développé il y a quelques années une ligne de jouets pour enfants, conçus à partir de dessins d’enfants non encore scolarisés, puis avait ouvert à Grand-Baie une annexe à la galerie dédiée aux accessoires et objets décoratifs, souvent conçus par des artistes. Cette exposition d’objets de design participe de la même démarche en montant d’un cran en ce sens qu’elle accueille carrément des meubles de maison, de jardin ou varangue, conçus par des designers. Parmi eux, il faut bien sûr saluer le Mauricien Daniel de Robillard, qui surprend par exemple avec son « bureau curieux », qui associe l’idée du bureau et du cabinet de curiosité dans lequel on insère divers objets, ou encore une table basse dont la forme peut être modulée en fonction de l’espace où elle sera placée, ou encore la console ci-contre, qui frappe par l’élégante simplicité de ses lignes.
Ingo Maurer conçoit quant à lui ses lampes dans l’idée de proposer de nouvelles façons d’expérimenter la lumière et la part d’ombre qu’elle crée. Alain Villechange souffle le verre à la flamme ou à la volée à l’aide d’un chalumeau, et Maiori conçoit ses objets dans des matériaux recyclables ainsi que des lampes solaires, qui n’en sont pas moins esthétiques. Chez Red edition, on revisite l’esthétique des années 50’ en réhabilitant des matériaux tels le laiton, le bois massif et les tissus chinés… D’autres marques encore proposent des meubles conçus aussi bien pour l’extérieur que l’intérieur (Oxyo, Trimm Copenhagen, Fermob). Il y est aussi question de tapis en polypropylène résistant aux UV. Enfin, nous serions incomplets si nous ne citions pas les vases en céramique ou porcelaine de Milan Pekar.