Une débauche de couleurs pour célébrer l’exposition « Maroc contemporain » qui se tient jusqu’au 25 janvier 2015 à l’Institut du monde arabe (l’IMA) à Paris. Alors que les deux étages du musée accueillent une exposition consacrée aux pionniers de l’art contemporain marocain, l’artisanat du pays a été transporté sur le parvis de l’IMA tissant un lien fort avec la manifestation qui a lieu non loin. Ici, une expression visuelle rassemblant la danse, la vidéo, l’installation, la peinture inspirée du soufisme, un courant mystique inspiré de l’Islam. Là-bas, sur le parvis de l’Institut du monde arabe, une vaste tente traditionnelle du Maroc saharien, offre une vision large de la culture du Maroc, en particulier de l’artisanat marocain. On peut aussi assister à des spectacles, prendre un thé ou admirer le travail de 6 artisans : babouchier, maroquinier du sud du Maroc, un bijoutier (bijoux du sud du Maroc), dinandier de Fès, damasquineur de Meknès et tourneur sur bois. Les photographies n’étant pas autorisées à l’intérieur du musée, nous avons été chercher des images et des impressions du côté de la tente du sud : un espace chaleureux où se reflète la diversité de l’art marocain. Tout en abordant des problèmes de fond, on découvre dans l’art marocain des oeuvres dont l’expression se fait dans la subtilité et la finesse. Malgré ses propres difficultés et ses propres paradoxes, la société marocaine évolue paisiblement. Diversité tout d’abord : elle est au fondement du Royaume marocain, avec ses origines culturelles, berbères, arabes, juives et d’autres encore bien plus anciennes. Les pièces d’artisanat et de design — créations en bois, fer, cuivre — témoignent d’une création en constante évolution. Faut-il rappeler sa filiation : une tradition vivante qui s’adapte à la modernité, aux nouveaux modes de vie. Le tissage, activité des femmes, est le reflet de ce renouvellement. Le parcours de l’exposition « Maroc contemporain » et la programmation culturelle rendent compte de cet héritage et cette culture diverse. Les organisateurs de l’exposition ont voulu célébrer le désert marocain et en faire le symbole de cette manifestation. Cette tente sahraouie simulée sur le parvis de l’Institut du monde arabe est, nous dit-on, inspirée des villages de tentes appelés« frig ». Cette tente, véritable création contemporaine, est « une expérimentation formelle utilisant la traditionnelle laine de chameau. Fabriquée selon un savoir-faire immémorial, la tente est présentée dans une disposition architecturale contemporaine, qui reprend toutefois, dans des formes nouvelles, la tradition des hommes du désert… »
Ce témoignage du Maroc saharien constitue le point d’ancrage de l’exposition dans l’espace public. Il couvre une surface de quelque 500 mètres carrés. La tente est destinée à abriter un souk voué à l’artisanat et au design marocains. C’est un artisanat qui regroupe plus de 70 métiers et utilise divers matériaux, bois, cuivre, pierre, fer, dans ses créations. C’est un patrimoine qui fait partie de l’histoire du Maroc. On sait que les premiers habitants connus du Maroc, les Berbères ont été les précurseurs dans le domaine de l’artisanat surtout dans le travail de la laine (tapis), le fer et l’argent (bijoux), ustensiles divers et l’argile (poterie). Après l’islamisation et la venue des Arabes, d’autres formes d’artisanat se sont développées : travail du cuivre (ustensiles divers, tables), du bois, de l’oseille, de l’alfa et de l’argile (poterie). Cet artisanat couvre pratiquement tout le Maroc et chaque région possède ses propres spécialités, tirées des matières premières. Les maîtres artisans à l’oeuvre présentent jusqu’au 25 janvier leur savoir-faire, des styles, des techniques de l’artisanat contemporain. Cet artisanat issu de traditions millénaires procure la sensation d’une plongée dans le passé du Royaume.