Salim Currimjee s’approprie un ancien grenier au 21, rue John Kennedy, Port-Louis, pour présenter ses oeuvres récentes jusqu’au 14 juillet 2017. Cette présentation originale rassemble photographies, sculptures, peintures, dessins sur papier — des oeuvres à la nature complexe qui explorent différentes orientations de l’art contemporain.
Salim plonge les visiteurs dans un espace de signes visuels, architecturaux, cartographiques, déployés dans une cinquantaine d’oeuvres qui s’offrent comme énigmatiques une synthèse de l’unité dans la pluralité — l’exposition confronte les visiteurs à un lieu historique selon une perspective inventée. Les deux, trois dimensions, voire plus. A décrypter.
Salim Currimjee est architecte, collectionneur d’oeuvres d’art, mais démontre ce besoin d’inventer librement son univers visuel. Enigmatiques sont ses oeuvres récentes (commencées depuis août dernier) car si l’on croit reconnaître le jaune à la place du vert, ou encore une chaise accrochée au mur comme une installation, tous ces éléments conventionnels sont transformés ou combinés avec d’autres. Il en découle une déconstruction des formes et des modèles d’organisation. Une oeuvre en trois dimensions est combinée à un support pour faire un tout, une chaise accrochée peut être vue non comme une installation, mais une peinture alignée à côté d’autres toiles.
Salim Currimjee est un amoureux de l’espace et de sa représentation. L’espace est indécis, fragmenté, pour créer une scène d’invention totale où l’artiste nous montre les choses autrement (libérées d’une vision contenue) dans une perspective symbolique. La profondeur offre alors de nombreuses possibilités de représentation spatiale.
Le grenier devient un lieu d’exposition dont les couleurs, les structures, comme de miroirs, réfléchissent en vue de provoquer des « surprises visuelles », des perceptions différentes. Salim met en scène ses tableaux sous forme de calendrier, ses photographies (impression sur plexiglas) de la nature à voir sous le voile de l’interprétation par taches colorées se succédant selon une loi d’harmonie, la cellule comme point commun à tous les êtres du monde, les dessins avec découpes et nouveaux éléments introduits. Ces lignes de force, l’expression de toute cette sensibilité, se jouent du rapport entre les choses et des contrastes.