Les dodos d’Arts Initiatives ont débarqués ces derniers jours à l’Institut de Maurice pour une exposition jusqu’au jeudi 29. Trois nouveaux venus ont intégré le groupe des 25 oiseaux marcheurs aux étranges ramages qui étaient récemment au Caudan Waterfront à Port-Louis où de nombreux badauds se sont fait photographier à leurs côtés.  
L’Institut français de Maurice (IFM) abrite depuis hier 28 dodos personnalisés, conçus et réalisés par différents artistes dont Nalini Treebhoobun et Nirveda Alleck, qui sont les initiatrices de cette version mauricienne des vaches américaines stylisées qui ont été les grandes pionnières de la démarche artistique populaire il y a une poignée d’années…
Le 28e dodo, livré très récemment par le sculpteur installateur Nirmal Hurry, porte l’intitulé N°28 non par manque d’imagination mais en cohésion avec l’esprit même de sa conception. L’artiste lui a choisi d’attribuer ce numéro de série à son dodo parce qu’il est couvert de débris de pièces mécaniques de récupération. Paré de cette armure métallique, il semble ainsi prêt à incarner l’ère industrielle, l’anonymat ou quelque guerrier atypique des temps modernes. Au second degré, cette oeuvre relie aussi deux aspects des causes environnementales en associant un animal disparu aux nombreux déchets souvent non recyclés, et parfois non recyclables, des industries contemporaines.
Nomades et migrants
Également nouveau, le Dodoyetu (photo ci-contre) hérite quant à lui de la tradition massaï. Nalini Treebhoobun et Nirveda Alleck l’ont réalisé pour le compte de la société internationale Münich-Re qui voulait ainsi souligner sa présence en Afrique. Même sa morphologie a été transformée pour symboliser des formes longues et hautes de ces éleveurs nomades, qui vivent dans une tradition en lien toutefois avec le monde moderne, entre les Monts Kenya et le Kilimandjaro. Le mot yetu a à voir avec la notion de rassemblement et de solidarité dans une des langues qu’ils pratiquent, le maa comme leur nom l’indique ou encore le swahili pour beaucoup d’entre eux.
Cette exposition permet aussi de découvrir le Migrant dodo qui a été commandé par l’Aapravasi Ghat Trust Fund, et dont tout le travestissement a été inspiré par nos ancêtres venus massivement sous contrat, pour travailler sur les plantations, aux 19e et 20e siècles. Cette exposition nous rafraîchit aussi la mémoire avec l’étrange dodo tout en corne et carapace du styliste Émilien Jubeau ou encore le dodo britannique et rose de Gérard Foy, celui au ramage coloré d’Ennri Kums, le dodo critique d’Ismet Ganti, le dodo danseur de Daniela Bastien, l’écolododo de Françoise Hardy ou le scintillant Dodobaba du bijoutier Ravi Jetshan.