Maurice et Madagascar peuvent conjuguer leurs forces afin de faire de l’océan Indien la « sourcing destination » préférée des acheteurs américains, a estimé mercredi le président de la MEXA, Philip Ryle, lors d’une réception organisée au Domaine les Pailles pour marquer l’extension par les autorités américaines de l’AGOA pour une période de dix ans.
Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Étienne Sinatambou, tout en exprimant sa satisfaction concernant l’extension de l’AGOA, a souligné que la décision américaine « n’est pas une fin en soi » mais « marque le début des efforts qui doivent être faits par tous les pays concernés », dont Maurice, « afin d’être compétitifs et de manufacturer des produits de qualité » pour le marché américain. De son côté, le ministre des Coopératives et des PME, Soomilduth Bholah, a observé que de vastes possibilités s’offrent aux petites et moyennes entreprises.
La réception organisée par la MEXA a permis de rendre hommage à tous ceux qui se sont battus pour l’extension de l’AGOA au niveau du gouvernement et du secteur privé. Les autorités américaines qui, à travers l’ambassade américaine à Maurice, ont soutenu la cause africaine et mauricienne, ont également été remerciées. Pour Philip Ryle, l’extension de l’AGOA « offrira une visibilité, une stabilité et une prévisibilité, qui sont des éléments essentiels pour attirer des investissements ». Avec l’entrée en vigueur de l’AGOA en 2000, Maurice avait été en mesure d’attirer des filatures de coton. « At the level of MEXA we have no doubt that if we have been able to attract investment then, we should be able to do so now in both textile and non textile sectors », a-t-il dit. Grâce aux incitations offertes par le gouvernement de l’époque, trois filatures s’étaient installées à Maurice avec des investissements totaux de Rs 4,5 milliards, générant 3 000 emplois additionnels et répondant à un tiers de la demande en coton. Ce qui a permis au secteur du textile et de l’habillement de s’intégrer verticalement et d’être compétitif de manière à répondre à la demande changeante des clients durant un laps de temps très court. Pour Philip Ryle, si Maurice dispose d’un nombre limité d’exportateurs, a un manque de visibilité sur le marché américain et est « trop petite pour attirer l’attention » des acheteurs internationaux, le pays peut néanmoins jouer une carte régionale. « Mauritius already contribute to 60% of the Textiles and apparels exports of Madagascar. We could join forces with Madagascar to create the momentum for the Indien Ocean to become the preferred sourcing destination of the US buyers. It will be a win-win situation for both textile and non textile sectors », a-t-il insisté.
Étienne Sinatambou a rappelé que les Américains ont indiqué que l’AGOA ne serait pas renouvelée à nouveau. Par conséquent, les pays africains, dont Maurice, ont dix ans pour utiliser au maximum l’AGOA pour mettre leur pays sur les rails du développement économique. Il a dans le même souffle rappelé « les dangers qui menacent les producteurs africains et mauriciens » et a cité, entre autres, l’introduction par l’OMC du système « Duty free Quota free » pour les pays les moins avancés (PMA). Si cette politique est mise en pratique, des pays comme le Vietnam, le Cambodge et le Bangladesh représenteront de rudes concurrents pour les producteurs africains et mauriciens. Par conséquent, il a estimé que l’extension de l’AGOA est « loin d’être une fin en soi » mais « marque plutôt le début des efforts en vue de rendre les produits mauriciens plus compétitifs et plus conformes aux normes internationales ». Il a aussi expliqué que pas moins de 7 000 produits peuvent être exportés vers les États-Unis.
Le ministre Bholah a déploré que « beaucoup d’entrepreneurs ne sont pas au courant des facilités offertes par l’AGOA ». Il a invité les entrepreneurs mauriciens à faire de leur mieux pour avoir un avantage compétitif afin de mieux pénétrer le marché américain. Maurice Vigier de Latour, qui a été associé à l’AGOA depuis le début, a lui aussi parlé des « efforts consentis » pour l’obtention de cette extension. Il a également remercié Lilowtee Rajmun, la directrice de la MEXA, « pour le travail abattu tout au long de la campagne de lobbying ».