Un marchand ambulant de Port-Louis, poursuivi pour extorsion de fonds sous l’article 307 (1) du Code pénal, a été acquitté dans un jugement rendu par la magistrate Renuka Dabee, vice-présidente de la section criminelle de la cour intermédiaire. L’accusé avait plaidé non coupable et retenu les services d’un homme de loi.
La poursuite a appelé à la barre le constable Gunputh, l’enquêteur dans cette affaire qui avait eu lieu en 2005. Il a déclaré que la présumée victime, un ressortissant étranger, a fait une déposition au poste de police de la rue Pope Hennessy dans laquelle il a indiqué que l’accusé lui a remboursé une somme de Rs 5 000 et qu’il a formellement indiqué l’homme mis en cause à un exercice de confrontation le 7 février 2006.
Un autre témoin, un dénommé Sahamat Ali Rujjeedawa, a indiqué que la supposée victime a pour nom Gulam Jeelani Malik. Il a souligné qu’il ignorait ce qui s’était passé entre celui-ci et l’accusé. Il lui a toutefois dit que l’accusé avait pris une somme de Rs 5 000, argent qu’il lui a remboursé deux jours après.
Quelque temps après l’incident, le ressortissant étranger a quitté le pays pour ne pas revenir. Dans une déclaration à la police, il a dit qu’il ne souhaitait pas aller de l’avant avec cette affaire. La poursuite a clos son dossier avec cet élément d’information. La défense n’a cité aucun témoin. Dans sa déclaration à la police, l’accusé a nié avoir commis le délit pour lequel il a été traduit en cour.
Dans cette déposition, il a indiqué qu’en 2005, en tant que marchand ambulant, il vendait des clefs. Il s’est rendu un jour dans une boutique appelée Ali et a vu un adolescent qui paraissait être un étranger. Celui-ci était au comptoir et l’accusé lui a dit : « To pe travay isi, to pe barr plas Mauricien. » L’accusé a ajouté dans sa déposition : « Mo finn dimann li si pa li paye patent, eski li ena enn permis. » L’étranger a répondu par la négative, le suppliant de ne rien dire à personne en plaçant des billets de banque dans les mains de l’accusé. Celui-ci a fait le compte : il y avait Rs 5 000. Il a nié avoir menacé l’étranger pour lui soutirer de l’argent. Subséquemment, il a dit avoir remis à Ali les Rs 5 000 pour qu’il retourne la somme à l’adolescent.
« I have duly considered the evidence on record, the version of witnesses for the prosecution and the unsworn version of the accused party. In the absence of any evidence emanating from the main witness for the prosecution namely witness No. 4 (NdlR : la « victime ») who did not attend Court and whose evidence was crucial for the prosecution to establish its case, I find that there is no evidence to link the accused party to the present offence », a observé la magistrate Renuka Dabee. Pour elle, la poursuite n’a pu établir les faits reprochés à l’accusé.