« Aujourd’hui, mes enfants, dernier jour du mois de Marie, la Mère de Jésus appelle tous ses fidèles serviteurs au Calvaire, et pour quoi faire? – Pour leur dire sa dernière croix, oui la croix qu’elle a trouvée sur le calvaire.
« C’est du haut de la montagne que Marie nous adresse ces douloureuses paroles : « 0 vous tous qui passez par le chemin de la croix, venez et voyez s’il y a une douleur pareille à la mienne. » Oui, sur le calvaire, mon âme a été triste jusqu’à la mort. J’ai cherché quelques bonnes âmes pour compatir à ma douleur, et je n’en ai pas trouvé : je n’ai trouvé personne pour me donner quelque consolation. 0 fidèles serviteurs, vous, du moins, ne m’abandonnez pas, ne payez pas d’indifférence et d’ingratitude une mère qui a tant souffert pour vous : heureux les enfants de Dieu qui se tiendront près de moi au pied de la croix de mon Jésus. Un jour, après avoir pleuré avec moi, ils se réjouiront avec moi, car je leur donnerai une place dans le Royaume de mon Fils « .
« Allons donc, chers enfants, allons en esprit sur la sainte montagne, plaçons-nous près de la croix, et écoutons avec respect et compassion les dernières douleurs de notre Mère « …
« Et Marie était là, regardant cet affreux partage… Jésus dépouillé de ses habits, est étendu sur la croix. Un bourreau saisit sa main gauche, l’applique au bras gauche de la croix, ajuste un clou, et, à grands coups de marteau, l’enfonce de part en part: un second bourreau saisit la main droite, l’ajuste sur le bras droit de la croix; mais elle se trouve trop courte, la douleur ayant fait contracter les muscles. On attache une corde au poignet et trois bourreaux se mettent à tirer de toutes leurs forces.
Enfin, la main arrive au trou, le bourreau la perce d’un second clou, qu’il enfonce à grands coups de marteau. Il fallut en faire de même pour les pieds, les tirer avec violence avec des cordes. Et Marie était là, ses yeux voyaient le sang jaillir avec abondance de ses pieds et de ses mains, et ses oreilles entendaient ces grands coups de marteau qui clouaient son Fils à la croix. Quel spectacle pour une mère que cette exécution! En même temps, huit autres bourreaux crucifiaient les deux voleurs, compagnons de Jésus.
O vous tous qui passez par le chemin de la vie, venez sur le calvaire et voyez si jamais mère a été affligée comme la Mère de Jésus.
Jésus est suspendu à la croix: Marie était à ses pieds, regardant de temps en temps son Jésus, et ces regards sur son Fils étaient autant de glaives qui transperçaient son coeur.
Cependant, les ennemis de Jésus n’étaient pas encore satisfaits de son supplice. Aux tourments affreux de la croix, ils ajoutaient l’insulte, l’outrage, le blasphème, la dérision la plus amère.
Ils disaient donc, ces malheureux, en s’adressant à Jésus dans les affreux tourments de la croix : « Toi qui t’es vanté de détruire le temple de Dieu, et qui t’es fait fort de le rebâtir en trois jours, fais un miracle plus facile, sauve-toi toi-même. Si tu es le Fils de Dieu, comme tu nous l’as dit si souvent, descends de ta croix, et nous croirons en toi. Il a mis sa confiance en Dieu; si Dieu l’aime, qu’il le délivre de son supplice, car il a dit : « Je suis le Fils de Dieu ».
Pendant trois heures entières, Marie, Mère de Jésus, entendit ces horribles blasphèmes; ses oreilles lui tintaient de ces cris abominables; cependant, elle ne quittait pas la croix de son Fils elle voulait partager son martyr jusqu’à la fin.
Après trois heures d’affreuses souffrances, épuisé de sang, n’ayant plus qu’un souffle de vie, pressé d’une soif ardente, Jésus s’écrie « Sitio! J’ai soif! » Il demande un peu d’eau pour tout soulagement. Un des soldats prend une éponge et l’attache à un long bâton; puis, la plongeant dans le vinaigre, il la présente à Jésus.
Jésus abandonné de tout le monde, pousse un second cri qui va percer le coeur de Marie: son Fils se plaint d’être abandonné même de son Père; dans cette heure dernière : il meurt sans recevoir aucune consolation ni de la terre ni du ciel : « Mon Père, mon Père, s’écrie Jésus, pourquoi m’avez-vous abandonné? »
A ce cri d’abandonnement, Marie regarde son Jésus, elle entend ses dernières paroles, elle est témoin de son dernier soupir. Jésus donc, voyant que tout est accompli, s’écrie : « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains « . Puis, baissant la tête, il expire.
O vous tous qui passez par le chemin de la vie, venez et voyez si jamais Mère a été aussi affligée que moi « .