La fête du Printemps (Chunjie) qui sera célébrée lundi est placée cette année sous le signe du dragon. Des rituels et prières ont lieu dans les pagodes et les résidences des Mauriciens d’origine chinoise. Le Nouvel an lunaire est la plus grande des fêtes traditionnelles que les Chinois célèbrent annuellement. Cette tradition remonte à l’antiquité et l’origine se lie plutôt à la production agricole.
Le Nouvel an chinois est la fête la plus importante célébrée dans l’empire du Milieu. Il tire ses origines d’une fête agricole durant laquelle les paysans disaient des prières pour que les récoltes soient bonnes. Cette célébration marquait la fin de l’hiver et le début des activités dans les campagnes.
Comme l’année lunaire est composée de 12 ou 13 mois, le Nouvel an n’a pas de date précise et change tous les ans. Il a ainsi lieu soit à la fin de janvier soit au début de février. Cette fête est également connue comme « Le Festival du Printemps ». À cette occasion, les maisons sont décorées de dessins et agrémentées de plantes. Le rouge, qui est déjà l’une des couleurs principales de la Chine, est encore plus présent lors de cette célébration.
Le signe du bonheur « Fu », qui est aussi rouge, est accroché à l’extérieur de la maison. Il est fixé sur la porte à l’envers, étant donné que la signification chinoise du mot bonheur positionné à l’envers est « viens ». De chaque côté de la porte, on retrouve aussi des représentations de féroces guerriers. Ces derniers empêchent les mauvais esprits de franchir la porte. Aux fenêtres sont accrochées des guirlandes colorées.
Durant la fête du Printemps, toute la Chine est décorée. De nombreuses boutiques vendent des boissons et des friandises typiquement chinoises. Durant les quelques jours qui précèdent la fête, chaque usine ou bureau organise aussi des festivités.
À Maurice, le Nouvel an chinois a aussi toute son importance. Le Mauricien a ainsi rencontré une religieuse qui a fait le déplacement de Hong Kong pour aider dans la pagode située à Rue Madame à Port-Louis. Elle nous explique ainsi les déroulements de cette fête et les coutumes chinoises.
« Durant ce qu’on appelle “le petit Nouvel an”, qui a lieu le 23e jour du 12e mois lunaire, on donne des offrandes au Dieu du foyer. Cette petite fête est consacrée au génie du foyer, qui remonte au ciel et doit rendre compte du comportement de la famille pendant l’année. Les familles offrent des sucreries et l’effigie du génie est alors brûlée et remplacée par une nouvelle », explique la religieuse.
Le jour suivant, poursuit la religieuse, « est connu comme “l’indispensable grand nettoyage”. Les Chinois ne font pas de ménage pendant les dix jours de l’année qui suivent pour éviter de faire fuir la chance. C’est un moment plutôt dédié aux festivités. On profite de ce jour-là pour faire des achats comme la nourriture et des habits neufs pour les enfants. C’est aussi pendant cette période de l’année qu’on rend l’argent emprunté afin de repartir sur de bonnes bases après le Nouvel an. » Et d’ajouter : « La veille du premier jour de repos, la famille organise un banquet qui se compose de poisson (dont le mot chinois « yu » est homophone d’abondance), de raviolis, du poulet et du porc pour la prospérité. Avant, les Chinois avaient pour coutume de s’habiller et de s’allonger à la veille du Nouvel an ! De plus, la veille du Nouvel an, les Chinois ne mangent pas de viande. »
La religieuse avance aussi que de nos jours, les Chinois ont pris l’habitude de regarder la télévision après le banquet. Ils en profitent aussi pour prier entre autres le Dieu de la Fortune et pour rendre hommage à leurs ancêtres en leur offrant de la nourriture. La fête du Printemps est aussi le jour où les enfants reçoivent de l’argent dans une petite enveloppe rouge et des oranges, qui représentent bonheur et longévité.
Le deuxième jour, si une femme est mariée, elle passe la journée dans la famille de son époux. Le troisième jour est consacré au repos. Le quatrième est marqué par le retour du génie du foyer que l’on accueille avec des offrandes. C’est généralement à ce moment que l’on reprend ses occupations habituelles.
Le cinquième jour marque la fin de la célébration du Nouvel an à la maison. On enlève alors toutes les décorations de la maison. Les festivités continuent cependant dans les rues, où toutes sortes de défilés sont organisées.
Le sixième jour, les Chinois en profitent aussi pour se reposer. Le septième jour, ils organisent une sorte d’anniversaire en l’honneur de toute la famille autour d’un grand repas. Cette ambiance festive se prolonge jusqu’à la Fête des Lanternes, célébrée quelques jours plus tard et clôturant le Nouvel an.
Les repas copieux et préparés avec le plus grand soin sont ce qui marque le plus les différentes fêtes chinoises. La raison : c’est l’un des rares moments où la famille peut être réunie. Petits et grands se retrouvent ainsi pour un bon repas autour d’une table ronde, qui est synonyme d’unité ; et tout le monde y met du sien. C’est surtout l’occasion de pouvoir manger certains plats traditionnels, qui sont généralement préparés lors des grandes fêtes…