On ne devient pas artiste. On l’est ou on ne l’est pas. Scope s’est entretenu avec Fabien Cango à propos de culture artistique. Un entretien enrichissant pour qui s’intéresse à la chose. L’artiste peintre nous livre ses références et ses fonds d’atelier sur un plateau de cuisine.
Fabien Cango n’a pas voulu devenir artiste peintre car “je sais que les artistes meurent de faim à Maurice”. Il commence à peindre en dilettante. Cango expose pour la première fois en 1992. Il a 52 ans. L’artiste peintre cherche à donner un peu de beauté au monde. Un monde qui a aussi besoin de bonté et de se comprendre. Une pensée à méditer…
À quoi bon rouler en Porsche si l’on n’a pas un seul tableau sur ses murs et si l’on n’achète pas le moindre livre ? s’interroge ce monsieur de 76 ans. “Ceux-là ont du pognon mais pas de culture. C’est dommage. J’espère que les gens qui m’aiment viendront à l’expo… même s’ils ont beaucoup de pognon”, dit Fabien Cango, en vernissant minutieusement un tableau. Sa voix résonne dans la galerie Imaaya et un sourire malicieux s’accroche à son visage.
Nous feuilletons ses cahiers de dessins posés sur une table. Des croquis sont devenus tableaux; d’autres resteront aux dessins réalisés au crayon. Des premiers jets de projets artistiques inaboutis. L’artiste se navre des jeunes qui n’améliorent pas leurs dessins. À cela s’ajoute l’absence de modèles posant nus. Beaux-arts et perversité sont confondus par les esprits sectaires : allusion faite à certains groupes socioculturels qui s’étaient permis de décrocher un tableau dans une expo.