Face aux problèmes d’érosion, de perte agricole et d’accumulation d’eau, les habitants de Grand-Port ont pris les choses en main. Ils ont fondé la Grand Sable Women Planters Farmers Entrepreneurs Association, visant à l’émancipation de la femme et la Grand Sable Fishermen Assocation for the Mangrouve Plantation, ayant pour but de planter des mangliers afin d’empêcher l’érosion. Dans le sillage, après avoir bénéficié des cours de la Climate Change Adaptation Programme in Coastal Zone of Mauritius, proposés par la UNDP et le ministère de l’Environnement, ils bénéficieront, d’ici 2016, d’un centre de refuge en cas de catastrophe naturelle. Financés par l’Adaptation Fund en Allemagne, approximativement à Rs 25 millions, les travaux débuteront d’ici six mois après consultation des experts.
Situé sur la route côtière du sud-est de l’île, le village de Grand-Port fait face à divers problèmes dus au changement climatique. Accumulation d’eau sur les routes, pertes de récoltes agricoles et manque de poissons dans le lagon sont quelques-uns des problèmes dont souffre ce village, qui a d’antan été marqué par l’arrivée des Hollandais.
Afin de venir à bout de ces problèmes, les villageois, en collaboration avec l’ambassade d’Australie, la United Nations Development Programme (UNDP) et le soutien du ministère de l’Environnement, ont mis en place divers projets.
Depuis 2014, la UNDP par l’intermédiaire de la conseillère écologique, Pamela Dundoo, apporte son soutien financier à la Grand Sable Women Planters Farmers Entrepreneurs Association (GWSPFEA) afin d’encadrer les épouses des pêcheurs et des agricoles à s’émanciper en devenant des entrepreneurs.
«Les temps sont durs»
Dans le cadre de ce projet d’empowerment, une trentaine d’habitantes de Grand-Port ont débuté la plantation d’algues, afin d’en produire des savonnettes et de la confiture. Elles se sont également lancées dans la production de bio composte et de sacs en tissu pour encourager la population à diminuer son utilisation de sacs en plastique.
Selon Géraldine Fine-Aristide, présidente de la GWSPFEA, cette initiative est un moyen pour les femmes de Grand-Port de joindre les deux bouts, en aidant leurs époux financièrement. «La plupart des femmes sont mariées à des agriculteurs ou à des pêcheurs. Les temps sont durs à cause du changement climatique. Et de par nos productions, nous aidons à la protection de l’environnement, car tout ce que nous produisons provient de la nature», explique-t-elle. Dans quelques semaines, elles se lanceront également dans la production de bijoux à partir de bois de goyaves de Chine.
Ces femmes ont également pris part au cours de la Climate Change Adaptation Programme in Coastal Zone of Mauritius. Un projet dirigé par la UNDP et le ministère de l’Environnement et institué par les éléments de la SMF et de la GIPM, entre autres.
Débuté en juin 2014, le programme se concrétisera avec la construction d’un centre de refuge à Quatre-Soeurs, financé par l’Adaptation Fund en Allemagne, à la hauteur approximative de Rs 25 millions. Selon les consultants du ministère de l’Environnement, un terrain de quatre perches, situé non loin de l’église du village, a déjà été acheté et les travaux débuteront d’ici six mois après consultation des experts de la firme Mega Design.
Pour le président du Conseil du District de Grand Port, Vinaye Harchand, la construction de ce centre de refuge, ne doit pas être seulement utilisé en cas de catastrophe naturelle. «Le centre doit également servir de lieu de rencontre pour les habitants de la région. Les femmes entrepreneurs pourront l’utiliser comme atelier pour la production de leurs bijoux, alors que les enfants pourront y trouver un espace de jeux», poursuit Vinaye Harchand.
Lors d’une visite du site hier, à Grand-Sable, Vinaye Harchand a aussi souligné le problème d’infrastructure routière dont souffre la région. «Les routes côtières sont fissurées, dû à la montée des eaux. Et pour résoudre ce problème, j’en discuterai au sein de mon conseil et auprès des officiers de la Road Development Authority», dit-il.
Afin de résoudre ce problème, le ministre Dayal, présent également hier, a souligné que la plantation de mangliers sur la plage de Grand-Sable serait également une solution. Lors de sa décente dans la région, il a procédé au dévoilement de la plaque commémorative symbolisant la concrétisation des projets, qui sont effectués dans la région, tel le nettoyage des plages de Deux-Frères et la plantation des mangliers effectués par les pêcheurs de la région, membres de la Grand Sable Fishermen Assocation for the Mangrouve Plantation.
L’un des pêcheurs de l’association explique que la plantation sera très bénéfique au village car ils empêcheront l’érosion grâce à leurs racines. «Depuis l’année dernière nous avons commencé la plantation de manglier. Et comme ils poussent lentement, nous devons d’abord les planter dans une nursery avant de les mettre en terre. Cela prendra à peu près cinq ans avant que les mangliers deviennent assez solides pour agir contre l’érosion.»