Commentant la position prise par son parti la veille à l’assemblée nationale, Xavier-Luc Duval a justifié – lors d’une conférence de presse samedi dernier – l’abstention du PMSD sur le mini-amendement constitutionnel. « Le PMSD n’a jamais utilisé la langue de bois. En revanche, des intervenants pratiquent le contraire de ce qu’ils prêchent. Pour moi, le Ptr et le MMM sont les champions du monde de l’hypocrisie. Ce qui m’irrite le plus, c’est lorsque le Premier ministre me traite de communaliste. Pendant 15 ans que nous étions ensemble au sein d’une alliance, à aucun moment il n’a vu en moi un adepte du communalisme. Puis, subitement, j’en suis devenu un à ses yeux », a notamment déclaré le leader des bleus.
Pour l’ancien ministre des Finances, le mini-amendement n’est qu’un « gimmick » pour ceux qui l’ont soutenu, c’est-à-dire pour Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Il rappelle ainsi que le Premier ministre a « tant dit sur le fait qu’un citoyen n’est plus obligé de déclarer son appartenance ethnique pour se porter candidat » que « s’il croit réellement en sa formule, il aurait dû être le premier à donner l’exemple en demandant à ses candidats de ne pas déclarer leur communauté ». Or, dit Xavier-Luc Duval, Navin Ramgoolam a finalement « changé de position quand il est venu donner le mot d’ordre de son équipe, à l’effet que tous les candidats travaillistes devront déclarer leur communauté aux prochaines élections ». Et de citer également « l’amendement proposé en catastrophe uniquement pour rassurer les sino-mauriciens ». Et « dire que le mini-amendement a été présenté comme un avant-goût de l’abolition du Best Loser System ! » a encore ironisé le leader du PMSD.
Il s’est dit « satisfait » que son discours et celui d’Aurore Perraud « aient été retransmis en direct à la télévision », estimant qu’ainsi, « les téléspectateurs ont pu noter que notre langage traduit le quotidien de ce que vivent les Mauriciens » en général. Parlant du “Best Loser System”, Xavier-Luc Duval précise que ni lui ni son parti « ne sommes contre son abolition ». En revanche, précise-t-il, il réclame que l’on puisse, « avant tout, identifier une autre formule qui soit meilleure que celle que nous avons actuellement ». Il insiste donc pour que tout amendement fasse l’objet d’un référendum, comme l’avait, dit-il, préconisé le Premier ministre dans le dernier programme gouvernemental. « Le Premier ministre et le leader de l’opposition m’ont critiqué parce que j’ai demandé que le programme gouvernemental soit mis en application », déclare l’ancien vice-Premier ministre.
D’autre part, Xavier-Luc Duval dit noter « des grincements de dents » concernant les « mamours entre le Ptr et le MMM ». Il dit également voir que Paul Bérenger a « quelque peu durci le ton au niveau de sa PNQ qui, pour la dernière, a paru plus percutante que la précédente, plus subtile ». Quant à son parti, XLD l’estime « prêt à affronter seul l’électorat ». Et de conclure : « Nous n’irons aux élections dans le cadre d’une alliance que si nous la jugeons juste. Mais nous sommes prêts à toute éventualité et irons seuls s’il le faut. »