Le profil Wayne Wayne est actuellement très populaire sur Facebook. Son auteur y a posté une série de vidéos humoristiques depuis décembre dernier, qui récoltent leur lot de vues et de likes. Scope est allé à Roche Bois pour rencontrer Jean-Marc Lajolie, le créateur du profil, qui se dévoile à cœur ouvert.

T.R.

Vêtu de son bleu de travail, Jean-Marc Lajolie nous accueille en pleine rue au cœur de Roche Bois. Sur la centaine de mètres qui nous sépare de sa demeure, il discute avec tout le monde. Ses dents en platine sont toujours apparentes, un sourire permanent orne son visage. Derrière cette contenance timide se cache un personnage facétieux, comme le démontre la dizaine de vidéos qu’il a faites avec la complicité de son petit frère, de son cousin et de sa belle-mère, qui font office de cameraman.

Son plus gros succès jusqu’ici est la vidéo nommée Main hoo na, qui a récolté quasiment 88,000 vues. On l’y voit interpréter à sa façon quelques morceaux bollywoodiens. Sa préférée est cependant PoUPet doukia, qui a récolté 55,000 vues. On l’y voit assis sur une chaise, une fausse mitraillette à la main, des chaînes en or autour du cou et se présentant comme étant Pablo fer vantar. Une parodie de ce qu’il décrit comme la vie “bourgeoise”. Il se laisse même aller à l’autodérision en se moquant de lui-même et de son attirail en toc.

Improvisation.

Jeudi dernier, quelques heures avant notre rencontre, Jean-Marc Lajolie a publié une vidéo dépeignant la réalité politique mauricienne. “Tou kou nou gagn problem lor bann zafer manze, nou gagn dipin, nou pa gagn poul e kan nou gagn briani, pom de ter la zis kri ladan. Li pa lozik ki enn dimounn manz enn pom de ter kri parski nou pa enn kafar nou. Mo’nn pran bann mezir, bann prekosion. Sakenn pou gagn so rice cooker, so bwat Mayil zepis briyani, so delwil e nou pake diri Basmati.” Tout ceci en montrant chaque ingrédient et élement qu’il énumère. En moins de 24 heures, Wayne récoltera 2,700 vues pour cette vidéo. Dans le même registre, il avait récolté quelque 14,000 vues pour la vidéo nommée VoT moii pou election mr tamtan rasmaboule.

La dizaine de vidéos qu’il a publiées ont attiré des milliers de vues, à l’instar de sa parodie de longanis, qui a récolté 41,000 vues, une suite à Poupet doukia. Telli melli remix a récolté 25,000 vues, Foss zoM 12,000, Capitaine super sleep 8,700, Foss royos 6,400. On est en présence d’un personnage désormais populaire sur la toile, qui gagne en capital sympathie. Tant et si bien que les Facebookers lui demandent désormais de créer des vidéos humoristiques sur tel ou tel sujet.

Ce ne sont pas forcément les phrases qu’il place qui font rire, mais probablement l’univers qu’il réussit à créer à partir de presque rien. Il ne couche pas sur papier les vannes qu’il va envoyer mais se laisse plutôt aller à l’improvisation. “Quand je commence une vidéo, j’ai une idée en tête et je la développe au fur et à mesure. Je ne lis pas un texte.” Il concède cependant qu’il ne peut aller beaucoup plus loin tout seul. “J’ai beaucoup d’idées que je ne peux réaliser seul. Il me faudrait d’autres personnes pour jouer à mes côtés.” L’appel est lancé.

Des messages par l’humour.

Cet énorme succès est inattendu pour lui. Maintenant que la machine est en marche, il a envie de se saisir de cette notoriété pour viser plus haut. “J’avoue que je n’avais jamais imaginé qu’autant de gens allaient regarder mes vidéos. C’est très encourageant. Je souhaite aller plus loin, j’ai envie de monter un one-man-show.”

Son profil Facebook, Wayne Wayne, est un hommage au prénom de son fils de 3 ans. Ce dernier a changé sa perception de la vie. “Avant, quand je buvais, je perdais la tête. C’est comme ça que j’ai commencé à faire des petites vidéos, me mo ti pe fer vilin. Depuis 3 ans, je ne bois plus une goutte d’alcool. En décembre, je me suis souvenu de ces vidéos et je me suis dit que je pourrais en faire quelque chose de plus intéressant.”

Ce helper de métier confie que son objectif est de faire rire, tout en essayant de faire passer des messages qui lui tiennent à cœur. “Là où j’habite, la drogue est un gros problème, je vois trop de jeunes succomber à ses sirènes. J’ai des amis avec qui j’ai grandi qui en sont morts. C’est un sujet qui me tient à cœur. Je pense que les messages passent mieux quand il y a une note d’humour derrière. Il vaut mieux vivre une vie simple, travailler, même si c’est pour toucher un bas salaire, que de se ruiner la santé avec la drogue ou d’atterrir en prison. Mo mesaz se pa rod seye, ni rod vande.” Il dit réaliser ces vidéos également pour casser les clichés au sujet des gens qui vivent dans les cités. Zis dan labous dimounn ki nom site pa bon, mais les gens des cités sont de bonnes personnes. Comme partout, il y a des brebis galeuses, mais il ne faut pas généraliser.”