Le premier documentaire du photographe Paul Choy, intitulé Faceless, Forgotten, était un événement attendu. Il a choisi le jour de son anniversaire, le jeudi 30 juin, pour présenter ce projet qui l’a vu aller à la rencontre des réfugiés en Europe. Une belle assistance avait fait le déplacement à La Citadelle, lieu choisi pour cette avant-première. Elle a été suivie d’une exposition de l’immersion du photographe au coeur de la crise des migrants. Le Britannique d’origine mauricienne a également annoncé la suite de ce projet : Lives Matter, où il abordera des problèmes sociaux à Maurice.
Impossible d’être insensible devant les images bouleversantes et poignantes de Faceless, Forgotten. Pendant une trentaine de minutes, le public a eu les yeux braqués sur ce reportage mené en Europe, principalement à Calais et en Grèce. L’émotion était palpable. Certaines personnes n’ont pu retenir leurs larmes.
Ce premier documentaire signé Paul Choy aurait pu être irréprochable. Il aurait fallu qu’il soit uniquement consacré aux témoignages des réfugiés. D’autant que les travaux effectués par le photographe ont toujours mis en lumière des personnages et l’histoire de leur vie. Mais le reportage donne trop d’espace au trajet ou aux récits de plusieurs responsables des ONG. Ces derniers contribuent à expliquer ce qui se passe sur le terrain, mais Faceless, Forgotten ne donne pas la parole à ceux qui sont affectés et impliqués directement. N’était-ce pas le but initial de ce voyage ? Mettre en lumière le drame humain. Seuls les réfugiés étaient les mieux placés à décrire leur vie quotidienne après avoir tout laissé derrière eux, en espérant un avenir meilleur.