Les recommandations faites par le Fact-Finding Committee concernant le placement des enfants victimes de négligence ou de violence seront prises en considération dans la nouvelle loi, tant attendue, le Children’s Bill, a indiqué la ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’Enfance et du Bien-être de la Famille lors d’une conférence de presse à Port-Louis, au cours de laquelle les grandes lignes du rapport ont été exposées. Aurore Perraud ajoute que la présentation de ce texte de loi au Parlement accusera un retard.
Répondant aux questions de la presse concernant une série de recommandations qui demanderaient une révision de l’actuelle loi, la ministre a précisé que telle ne sera pas le cas et que ces instructions seront considérées dans le Children’s Bill. Ces recommandations concernent, entre autres, la durée d’un ordre de placement émis par un magistrat lorsqu’un enfant est retiré de sa famille et le droit à la parole de celui-ci. Elle observe que, souvent, « ces enfants n’ont pas le droit de parler ». Le FFC recommande que la durée de placement ne dépasse pas deux ans, qu’une révision ait lieu tous les six mois et que l’enfant puisse être entendu. Il demande aussi que les parents puissent donner droit d’appel au-delà du délai imparti.
Selon les enquêtes menées auprès des 21 shelters, dont certains comptent des maisons annexes, il ressort que tous les enfants placés sur ordre de magistrat ne reçoivent pas le même traitement. Dans certains cas, il n’y a pas de problème alors que dans d’autres, c’est « effrayant ». Selon le président du FFC, Denis Vellien, un témoin aurait même parlé de centre de détention pour les enfants. À ce niveau, il préconise la formation du personnel. Il évoque aussi un surnombre d’enfants dans certains shelters et souligne qu’il est recommandé que l’enfant soit placé dans une famille d’accueil. Le FFC recommande l’adoption qui, rappelle-t-il, est aussi préconisée par la Convention des droits de l’enfant. Une situation qui aidera à diminuer le nombre d’enfants d’un abri et le cas échéant, à l’éliminer définitivement pour en créer d’autres qui soient plus « family size ».
« Quand un enfant vient chez nous, c’est-à-dire, quand il est placé dans un abri ou dans une famille d’accueil, cela ne veut pas dire qu’il doit y passer toute son enfance et son adolescence. Nous faisons le suivi et lorsque la famille est stabilisée et qu’on est sûr que l’enfant sera émotionnellement et physiquement en sécurité chez lui, il retourne dans sa famille. Nous favorisons la réintégration des enfants dans leurs familles respectives dans la mesure où ils y seront en sécurité », affirme Aurore Perraud. Une quarantaine d’enfants ont réintégré leur famille cette année, indique-t-elle. « Ils étaient présents à la journée d’hier (ndlr : dimanche) au Jardin de Pamplemousses. (…) Nous souhaitons aussi redynamiser et professionnaliser les familles d’accueil ». Ces familles d’accueil ont eu l’occasion de suivre une session de travail sur le sujet. Valeur du jour, une famille d’accueil peut recevoir jusqu’à trois enfants en touchant une allocation par tête.
Par ailleurs, les enfants atteints de troubles psychiatriques et qui jusqu’à présent ne bénéficiaient pas d’un lieu et des soins médicaux adaptés seront également pris en charge. « Il y a des médecins qui sont formés au sein du ministère de la Santé et dans le cadre du comité interministériel, le sujet y est évoqué et nos deux ministères travaillent en étroite collaboration ».
Aurore Perraud devait rappeler que c’est suite à une série de lettres anonymes et d’appels téléphoniques reçus par son ministère qu’elle a visité des abris pour enfants et a demandé la mise en place d’un Fact-Finding Committee pour enquêter sur la situation qui y prévaut. En attendant que l’enquête du FFC prenne fin, le ministère avait pris des mesures correctives qui, dit-elle, sont en lien avec les recommandations du rapport récemment soumis au Conseil des ministres et rendu public hier. « Un comité sera institué pour travailler sur ces recommandations maintenant », conclut-elle.