Il ne suffit pas de répéter que c’est le réchauffement de la planète, que ces dernières années ont été les plus chaudes de l’histoire ou que le changement climatique constitue bien une réalité. Selon les experts, ce n’est rien qu’un début. Et même si nous réagissons, il faudra apprendre à s’adapter localement à cette perception de chaleur.
 Car la chaleur qui nous gène ici à Maurice est surtout une perception, une sensation embarrassante d’un air qui devient lourd à respirer et d’une sueur qui colle à la peau. Notre corps devient une source de chaleur en soi. Etre à plusieurs dans une chambre ou un lieu fermé est une douloureuse épreuve. Un enfer même, diront certains…
 En fait, notre température ambiante n’est pas aussi élevée comme autour de l’équateur, par exemple, où il fait souvent 40oC à l’ombre. A Maurice, le mercure  dépasse rarement les 30oC. Le problème, c’est l’humidité relative qui est des fois au dessus des 90%. Alors, même à Curepipe ou à Moka, une température de seulement 25oC peut devenir très inconfortable.  Le corps humain ne peut réguler sa température par l’évaporation de sueur car l’atmosphère est saturée en vapeur d’eau : la chaleur se fait sentir sous la peau. Dans des cas extrêmes, lorsque ce processus de  transpiration ne se fait pas, des organes se surchauffent et peuvent finir par être abimées !
Cet enfer peut être évité si nous disposons d’une bonne ventilation naturelle. Or nos constructions en béton ne sont pas ainsi conçues. Pire, le béton comporte une forte masse thermique qui fait, qu’en été, elle retient la chaleur du jour et la libère le soir. Comme si cela ne suffisait pas, ces bâtiments en béton remplacent des champs de cannes ou des verdures qui apportaient jadis un effet de refroidissement. Les surfaces noires d’asphalte comme toutes les superficies foncées absorbant la chaleur font aussi monter la température.  Il est connu que les zones urbaines, le trafic routier et des  activités humaines, dont la climatisation, provoquent un « heat-island  effect» pouvant élever la température extérieure au centre de Port-Louis, par exemple, par 5 à 10 oC.
 Face à une forte température, nous pouvons éviter de souffrir en évacuant la sueur qui se forme sur la peau. Si l’humidité demeure forte, un vêtement léger en polyester ou en  tissu mèche (« wicking fabric »)  qu’utilisent les sportifs permet de canaliser les sueurs loin de notre peau afin qu’elle  arrive à respirer. Le coton est très utilisé comme matière mais dès qu’il est trempé de sueur il devient inefficace contre la chaleur.
Déshumidifier ou climatiser l’air est une solution mais ce processus est gourmand en énergie. Alors il nous reste des air-coolers mais surtout nos bons ventilateurs qui sont moins énergivores. Il convient de choisir les modèles ayant un label d’efficacité énergétique et munis d’un ‘timer’. Cela nous garantirait, indirectement, que ces ventilateurs ne risquent pas d’exploser.
Une transformation certaine est possible si nous appliquons des normes écologiques lors du design et de la construction des bâtiments.  Il faut aussi planter des arbres, aménager nos territoires de manière durable et penser à l’ère post-béton.  Cette affaire doit être un sujet de préoccupation pour tout le monde.