Fait relativement exceptionnel dans le judiciaire pour une journée de samedi avec le Gagging Order émis par le juge Bushan Domah, siégeant en référé avec le chef juge, Bernard Sik Yuen, en tant que témoin, contre le groupe Le Mauricien et La Sentinelle. Cette injonction intérimaire porte sur l’interdiction de publier toute information ayant trait directement à la femme d’affaires Nandanee Soornack, à ses trois enfants et à son business. Les responsables de ces deux groupes de presse sont convoqués en Cour suprême mardi matin pour venir s’expliquer sur la raison pour laquelle cet ordre intérimaire ne doit pas devenir interlocutoire. Le Gagging Order a été servi formellement au Mauricien vers les 16 heures, hier.
L’ordre du juge Domah est sans équivoque par rapport à la publication de tout détail sur Nandanee Soornack par des publications de ces deux groupes, à l’effet que « it was ordered that an interim order in the nature of an injunction do issue prohibiting and restraining the respondents forthwith, either individually or severally, from publishing or allowing or causing to be published in the abovementioned newspapers, in any manner whatsoever, anything against Nandanee Soornack, Nandanee Soornack’s family for the protection of Nandanee Soornack’s right of privacy and the right of privacy of Nandanee Soornack’s family ».
Dans son affidavit sous la formule de Quia Timet Injunction, Nandanee Soornack, née le 17 août 1969, directrice de compagnie et domiciliant à Diplomat Garden, TH 3, Floréal, affirme que « I have reason to believe that the respondents (les deux groupes de presse susmentionnés) imminently propose to expose publicly all my business deals ». Elle ajoute qu’elle se sent harcelée avec la publication de ses photos dans la presse suite à la controverse de la photo prise au centre de dépouillement Dr Maurice Curé lors des élections municipales.
« I aver that my businesses are not tainted with, and have no indication of any element of fraud », s’enorgueillit Nandanee Soornack, qui avance que les noms de ses enfants sont cités à tort dans la presse.
Pour justifier sa demande de Gagging Order, Nandanee Soornack allègue que « my whole life has been exposed and I verily believe and apprehend that the respondents (les deux groupes de presse seulement) intend to publish further articles about my private life, that of my children and businesses which are manifestly not of public interest and with a view to continue harassing, distressing and harming us psychologically ».
Avec cette injonction intérimaire du juge Domah, Week-End s’abstient de faire état des détails fournis par Pravind Jugnauth lors de son interrogatoire par des limiers du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police, l’ACP Pregassent Vudamalay, dans la nuit de mercredi à jeudi. Il a consacré plus de trois des dix heures de sa déposition au chapitre intitulé l’affaire Nandanee Soornack.