Depuis lundi dernier, des hommes de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et du CID de la Western Division, sous la supervision de l’assistant commissaire de police, responsable du Central CID, l’ACP Pregassen Vuddamalay, sont sur la brèche. Quasiment 24/24h, ils se relaient sur le terrain en vue de relever le moindre indice crucial, susceptible de mener à l’auteur du crime de Bassin-Cahin, Petit-Verger, Petite-Rivière. La découverte du corps découpé en 13 morceaux de Mantee Murchoyea, aussi connue sous le nom de Bindu, âgée de 55 ans, a choqué et continue de choquer. De mémoire d’enquêteur, jamais un crime n’aura été commis avec un tel sang-froid. Car il faut bien en avoir pour mettre à exécution un tel plan.
Pourtant, hier après-midi, les membres de la MCIT et du CID de la Western Division multipliaient encore les initiatives sur le terrain, dans la région du Bassin Cahin, où les restes de la victime avaient été débarrassés dans la nuit de dimanche à lundi dans les environs de Petite-Rivière.
A ce stade de l’enquête, l’objectif prioritaire reste d’identifier le lieu où Bindu Murchoyea a été étranglée puis découpée avec un instrument pointu (“sharp instrument”). L’autopsie, pratiquée par le Chief Police Medical Officer par intérim, le Dr Maxwel Monvoisin, a attribué le décès à une strangulation.
« Certes, avec la découverte du cadavre découpé de la victime, le bassin de Cahin constitue potentiellement une Scene of Crime. Mais la police soupçonne que l’agression mortelle aurait été commise à un endroit différent, soit avant que la victime ne soit transportée au bassin. Mais où ? Cette question reste difficile à élucider », soutiennent des sources policières. Elles ajoutent que « le lieu où un crime a été commis parle aux enquêteurs en terme d’indices, plus particulièrement au niveau du déroulement de l’action ». En l’absence de ce Locus, la tâche s’annonce encore plus difficile.
En fin de semaine, les briefings et les échanges d’informations entre les différentes équipes dépêchées sur le terrain se sont multipliés. Presque tous les proches parents de Bindu Murchoyea ont été entendus par des officiers de police en vue d’établir leur emploi du temps ou encore de recueillir la moindre information sur les derniers “sightings” de la victime, dont une remonte à 10 heures le dimanche matin, à Petite-Rivière.
Le téléphone cellulaire de la victime, considéré comme une pièce maîtresse de l’enquête, était introuvable vendredi dernier. Cet pièce à conviction aurait pu révéler les derniers contacts téléphoniques établis par Bindu Murchoyea ou encore les derniers SMS échangés, de même que l’identité de ses interlocuteurs dans la matinée ou même dans la journée de dimanche. Un examen scientique de ce cellulaire aurait même indiqué le lieu où se trouvait la victime au moment du crime.
Un autre élément crucial, avec un potentiel réel de permettre à la police d’élucider ce crime, reste le mobile. « Nous ne négligeons aucune piste. No stone has been left unturned. Toutefois, deux facteurs retiennent l’attention, soit un “background” de sorcellerie, soit une autre affaire relevant d’un crime passionnel. Faute de preuves, toutes les options restent ouvertes », indiquait-on aux Casernes centrales.
Les enquêteurs tentent de confirmer la thèse selon laquelle la victime aurait un passé de voyante, et même de sorcellerie. Ils veulent confirmer des éléments d’informations à l’effet que, quelquefois, des clients non satisfaits des résultats de leurs consultations – s’apparentant à de la sorcellerie – auraient violemment recherché des explications avec Bindu Murchoyea. Celle-ci aurait-elle été victime d’un client vraiment excédé, compte tenu du fait qu’elle a été découpée en 13 morceaux, chiffre hautement symbolique en sorcellerie ?
Néanmoins, ce qui intrigue la police, c’est que la treizième partie de son corps n’a toujours pas été retrouvé, et ce même si le Bassin Cahin a été asséché par les éléments du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM) et de la Special Supporting Unit (SSU) pour les besoins de recherches. Autre fait à signaler : la victime a été dépouillée de tous les bijoux qu’elle portait d’habitude, à l’instar de bagues, de bracelets et de sa chaîne.
A l’approche du week-end, la MCIT et la CID Western Division abordent un tournant psychologique de l’enquête et croient dur comme fer que le “breakthrough” pour élucider ce crime devrait intervenir incessamment, même si jusqu’ici l’arme du crime garde toujours son secret, « car le travail a été professionnellement fait ».
En tout cas, la Special Squad n’entend nullement se retrouver avec un nouveau “Cold Case”, non résolu, sur les bras dans cette partie de Petite-Rivière. A ce jour, le meurtre du boutiquier Sunfee Loa Kun Cheung, âgé de 56 ans, assassiné sur la terrasse de sa boutique à Camp-Benoît, en début de soirée du 14 décembre 2012, attend toujours d’être résolu… L’enquête policière se poursuit dans le meurtre de Bassin Cahin.