La magistrate Ida Dookhy-Rambarun, siégeant en Cour intermédiaire, a rayé trois charges de faux et usage de faux retenues contre un auditeur d’hôtel, à qui il était reproché d’avoir falsifié deux chèques de l’établissement. La magistrate devait trouver que seul le rapport du handwriting expert dans cette affaire n’était pas suffisant pour prouver la culpabilité de l’accusé.
L’accusé, qui travaille comme auditeur de nuit dans un hôtel, était poursuivi en Cour intermédiaire sous trois charges de faux et usage de faux. Il s’avère qu’à un moment, trois chèques avaient été volés dans un bureau de l’hôtel. Quelques jours plus tard, deux hommes, un dénommé Sampath et un dénommé Luchmun, avaient tenté d’encaisser deux de ces chèques qui portaient leurs noms. Toutefois, la banque devait sentir la supercherie et a appelé la police, qui a arrêté les deux hommes. Ces derniers devaient toutefois révéler après leurs arrestations que c’est l’accusé qui leur avait fourni ces chèques et celui-ci avait alors été arrêté. Lors du procès, Sampath et Luchmun ne se sont pas présentés en cour, le premier étant décédé et le deuxième n’ayant pas été appelé comme témoin pour donner sa version des faits. La cour devait ainsi se baser uniquement sur les conclusions de l’expert en écriture, qui a déclaré qu’il a reçu les chèques volés ainsi que des échantillons d’écriture de certaines personnes qui se trouvaient à l’hôtel. L’expert a conclu qu’il y avait certaines similitudes entre l’écriture de l’accusé et celle qui se trouve sur les chèques. L’accusé avait pour sa part nié les allégations de Sampath et Luchmun qui l’avaient incriminé d’emblée.
Dans son jugement, la magistrate a déploré le fait que les échantillons d’écriture d’uniquement quelques personnes ainsi que de l’accusé avaient été pris alors qu’il y avait un bon nombre de personnes qui pouvaient avoir accès au bureau où se trouvaient ces chèques. Elle devait de plus trouver qu’aucune enquête n’a pu prouver que c’est l’accusé qui avait volé ces chèques. La magistrate a conclu que le rapport de l’expert en graphologie n’était pas complet car il ne s’était basé que sur les personnes ciblées par la police lors de l’enquête policière. Le seul rapport de l’expert en écriture n’était pas suffisant pour prouver la culpabilité de l’accusé, dit-elle, en acquittant ce dernier.