Des centaines de squatters de Cité La Cure attendent toujours d’être fixés sur leur sort. Alors que leur éviction a été écartée du fait de l’intervention de parlementaires, leur avenir sur cette portion de terrain privé reste incertain. Les autorités étudient plusieurs scénarios, dont l’adoption de la formule utilisée pour les familles de Dubreuil.
Leur souhait a été exaucé. Leur longère, située sur le flanc de la montagne non loin de Cité La Cure, n’ont pas été détruites, et ce malgré un ordre d’éviction servi en mars dernier. Mais si le pire a été évité jusqu’ici, ces centaines de familles restent toujours dans l’incertitude.
Du côté des propriétaires, une entente à l’amiable serait prônée. Leur homme de loi, Me Manon Mardemootoo, interrogé au téléphone ce matin, indique d’ailleurs que ces derniers ne seraient pas opposés à trouver une solution sur une base humanitaire. Les propriétaires envisagent de rencontrer le ministre des Terres et du Logement Abu Kassenally afin de débattre de la question. « Ce n’est qu’après cette rencontre (prévue cet après-midi, selon l’homme de loi) que les principaux concernés feront part de leur décision », a-t-il déclaré.
Du côté du ministère des Terres et du Logement, c’est un autre son de cloche. Selon lui, aucune rencontre officielle n’est prévue cet après-midi. « Il se peut qu’il y ait une rencontre cette semaine  ou la semaine prochaine, mais, officiellement, rien n’est prévu pour aujourd’hui », fait-on comprendre. Selon nos informations, tout porte à croire que le dossier des squatters de Cité La Cure sera traité selon la même formule que ceux de Dubreuil. Quoi qu’il en soit, les officiers du ministère passent à al loupe les différentes options. Dans cette optique, le relogement de « toutes les familles » n’a rien de certain. D’ailleurs, c’est avec l’aide des officiers de la National Empowerment Foundation (NEF) du ministère de l’Intégration sociale que le ministère des Terres envisage de mener une étude d’éligibilité pour chaque famille répertoriée, et ce afin de déterminer si ces dernières sont aptes ou non à bénéficier d’une aide du gouvernement. Faisant référence au cas des squatters de Dubreuil, notre interlocuteur précise que « bien que de nombreuses familles ont affirmé être squatters lors de la démolition programmée des longères, seules une vingtaine étaient réellement éligibles pour l’obtention d’une portion de terrain et d’une maison » dans cette localité. « Nous ne souhaitons pas nous hâter sur le dossier et que de ‘faux squatters’ profitent de cette aide, qui n’est destinée qu’aux nécessiteux », soutient notre informateur. A ce titre, il faut noter que, depuis que le cas des squatters a été révélé l’année dernière, le nombre de familles vivant sur cette parcelle de terrain aurait grossi. « Bien souvan, kan dimounn tann dir pou gagn terin, zot vinn dan sa plas-la pou ki zot osi zot gagn ene bout », lance-t-on du côté du ministère des Terres. Raison pourquoi laquelle les officiers veilleront au grain, s’intéressant au passé des familles ainsi qu’à leurs revenus. Il est également mentionné que les subventions de l’État pour que des travaux soient entrepris dans leur maison seront pris en considération. « Si certaines familles ont bénéficié de l’aide des autorités pour consolider leur maison, elles ne bénéficieront pas d’aide », indique-t-on.
Les familles seront de fait classées en trois catégories. D’abord, celles pouvant bénéficier d’une aide de la NEF. Ensuite, celles qui pourront bénéficier d’un logement avec la National Housing Development Company (NHDC). Et finalement, ceux qui seront éligibles pour bénéficier d’un lopin de terre. A noter que toutes ces questions seront débattues en prenant en considération la situation des familles concernées.
En attendant qu’une solution à long terme soit trouvée, les familles de squatters ne seront pas expulsées. Ce qui ne les empêche pas de nourrir l’espoir, selon elles, que l’État rachète les terres qu’elles occupent afin qu’elles puissent continuer à y vivre tranquillement. « Nou trankil isi. Noun fini mont nou ti lakaz par nou propr moyen ek nou abitie dan nou kominote », lancent des habitants. Pour ces familles, la régularisation de leur situation leur permettra « d’avancer dans la vie », celles-ci disant redouter le paiement d’un loyer, « qui pèserait lourd » dans leur budget. La balle est dans le camp des autorités.