Alors que l’enregistrement pour les pèlerins du Hajj pour cette année et l’année prochaine s’apprête à démarrer, nous faisons le point sur la situation avec le président du Centre culturel islamique. Il nous annonce que les pèlerins seront, à partir de cette année, regroupés dans deux établissements hôteliers aussi bien à La Mecque qu’à Médine, et que le prix du forfait sera fixé et sera uniforme pour tous les organisateurs. Le prix du billet d’avion dépendra de la compagnie aérienne qui sera choisie, de commun accord, avec les organisateurs et les pèlerins. Le Dr Farhad Aumeer annonce également la célébration du jubilé du CCI après la fête de Eid, à Port-Louis.
Comment se passe l’organisation du Hajj cette année ?
Le Centre culturel islamique (CCI) a été mandaté cette année encore par le ministère des Arts et de la Culture pour superviser l’organisation du Hajj à Maurice. Fidèles à notre habitude, nous avons mis en place un système qui prendra en compte les aspirations des futurs pèlerins et les suggestions venant des différentes organisations, tout en nous accommodant des règles très spécifiques imposées par l’Arabie Saoudite pour que le voyage spirituel et l’accomplissement du cinquième pilier de l’Islam se passent le plus confortablement possible pour les pèlerins.
Nous avons reçu les documents officiels par le biais du ministre responsable du dossier Hajj, Abu Kasenally, et le quota pour cette année est de 1 040,  comme c’était déjà le cas l’année dernière. Après l’exercice du tirage au sort de l’année dernière, et tenant en compte de ceux qui ont déjà accompli le Hajj, il nous restait 1 140 personnes en ordre de priorité numérique. Le CCI a adressé une correspondance à chacune de ces personnes pour leur demander de confirmer leur intention de participer au Hajj cette année. Pour l’heure, excluant ceux qui se sont désistés, environ 940 personnes ont confirmé. Le CCI met les bouchées doubles pour entrer en contact avec ceux qui n’ont pas encore rappelé pour confirmer leur participation. Les noms de tous ceux qui ont été tirés au sort l’année dernière sont toujours sur le registre du Hajj au CCI et on s’assure qu’il n’y ait pas de passe-droit à n’importe quel niveau. Afin de nous assurer que le quota de 1 040 soit respecté, nous avons décidé de lancer l’enregistrement des Hajis pour les futurs Hajj du mercredi 4 juin jusqu’au dimanche 8 juin. En tant que président du CCI, et à la lumière de mon expérience, j’ai demandé au comité d’accepter que l’enregistrement se fasse sur une base régionale dans cinq centres de l’île, soit au centre Rabita à Port-Louis, au Sir Abdool Razack Mohamed Hall de Phoenix, ainsi qu’à Rose-Belle, Brisée-Verdière et Triolet. Le CCI prendra des dispositions concernant l’enregistrement des retardataires ou de ceux qui n’étaient pas à Maurice au moment de l’enregistrement.
Après l’examen des dossiers des futurs pèlerins, afin de s’assurer qu’ils répondent à tous les critères demandés, un tirage au sort sera effectué afin de les classer en ordre prioritaire numériquement. Ce qui veut dire qu’un numéro sera alloué à chaque pèlerin. C’est à partir de cette liste que les visas seront accordés aux pèlerins pour le prochain Hajj. On sera toujours sur la brèche pour s’assurer que tout se passe bien lors du Hajj, qui aura lieu du 2 au 5 octobre.
Y a-t-il des innovations prévues cette année ?
Nous travaillons actuellement sur la création d’une Mauritian House en Arabie Saoudite. Le gouvernement fait tout son possible en vue d’ouvrir une ambassade en Arabie Saoudite. Ce qui nous permettra de continuer nos relations bilatérales avec l’Arabie Saoudite sur des bases solides. Nous sommes fiers d’avoir jeté les bases en vue de la création de cette Mauritian house. De concert avec les opérateurs qui se sont occupés de l’acheminement des Hajis l’année dernière, nous avons fait tout notre possible afin de concrétiser ce projet de Mauritian House. Ainsi, alors que dans le passé chacun des dix opérateurs réservaient un hôtel en Arabie Saoudite, cette année, les opérateurs se sont divisés en deux groupes de cinq et chaque groupe a réservé un hôtel de 500 chambres à La Mecque et à Médine. Ce qui permettra de regrouper les pèlerins mauriciens dans deux hôtels seulement. Je tiens à remercier tous les opérateurs ayant permis de réaliser ce projet. Ces nouvelles dispositions faciliteront considérablement le service à l’intention des pèlerins mauriciens. Le service médical mis à la disposition des pèlerins sera aussi plus facile à organiser sachant que le coronavirus continue de faire des victimes en Arabie Saoudite. Outre le regroupement des Mauriciens dans deux hôtels, nous avons aussi, après discussions avec les autorités concernées, décidé que tous les pèlerins qui accepteront de se faire héberger dans ces deux hôtels payeront le même forfait. Le tarif pour le Hajj sera le même pour tous les opérateurs alors que, dans le passé, il y avait une disparité énorme entre chacun d’eux. Il va cependant de soi que les prix différeront pour ceux qui prendront une chambre pour deux, trois ou quatre personnes. Le forfait comprendra l’hébergement à La Mecque et à Médine, le Tanazul, les services spéciaux et le qurbani. Les prix des billets d’avion dépendront des compagnies aériennes qui seront choisies par les pèlerins de concert avec les opérateurs. Le CCI mettra à la disposition des opérateurs et des futurs pèlerins les propositions des futurs transporteurs aériens pour le Hajj 2014. Il reviendra aux opérateurs et aux pèlerins de faire le choix final.
Un des grands manquements que nous avons constaté au fil des années est le manque de formation spirituelle des futurs pèlerins par rapport aux organisateurs. Cette année, nous nous assurerons de la présence des chefs religieux lors de chaque programme de conscientisation qui sera organisé. De plus, chaque opérateur devra également assurer l’encadrement spirituel des pèlerins faisant partie de son groupe.
Y a-t-il certaines restrictions médicales qui sont prises en considération pour les futurs pèlerins ?
La santé et la sécurité des futurs pèlerins restent primordiales. Et je suis convaincu que le soutien accordé par le ministère de la Santé sera le même. Il n’y a aucune restriction médicale pour l’instant par rapport à ceux et celles qui veulent se rendre en Arabie Saoudite pour le Hajj. Le Hajj 2013 s’est très bien passé, ce qui représente un aboutissement des changements et des efforts de tout un chacun, y compris du CCI, du gouvernement, des forces vives et des opérateurs. Nous n’avons reçu aucune protestation au niveau du CCI, ce qui ne signifie pas que l’on se reposera sur nos lauriers. Nous exigeons une discipline et une rigidité parce que nous sommes jugés à priori par le tribunal de Dieu.
Nous avons appris qu’il n’y a pas eu de Pre-Hajj Mission ces deux années. Pourquoi  ?
Le ministère du Hajj avait reçu des délégations de différents pays ayant plus de 2 000 pèlerins l’année dernière. Cette année, ils ont décidé de ne recevoir que des pays ayant plus de 5 000 pèlerins. Comme notre quota n’était que de 1 040 en 2013 et qu’il en sera de même cette année, il est donc clair que nous ne serons pas à la Pre-Hajj Mission. Toutefois, tous les documents, instructions et contrats du Hajj sont envoyés par courrier diplomatique au ministre Kasenally, responsable du dossier Hajj .
Nous constatons également que le quota pour Maurice est resté inchangé…
Il n’est pas un secret que de gros travaux d’agrandissements et de rénovations se font autour et à l’intérieur du Haraam, à La Mecque, depuis 2 ans. L’Arabie Saoudite avait donc décidé de réduire le quota pour tous les pays concernés par le Hajj. Pour la majorité des pays, un taux de 30% de réduction a été imposé. Cependant, Maurice a bénéficié d’une réduction de seulement 20% (1 300 à 1 040), et ce grâce aux très bonnes relations qu’entretient le gouvernement mauricien, à travers Abu Kasenally, et le ministre du Hajj, en Arabie Saoudite.
Quelles sont nos relations avec l’Arabie Saoudite ?
Très cordiales, voire chaleureuses, que ce soit avec le ministère du Hajj ou la Muassassah Organisation, responsable de la logistique entourant le Hajj. J’ai d’ailleurs rencontré la Dr Bandar, ministre du Hajj, l’année dernière après le Hajj durant une réception. À cette occasion, je lui ai même fait une requête pour qu’il nous donne son support quant à la volonté du gouvernement mauricien d’ouvrir une ambassade en Arabie Saoudite. Le rapport du Muassassah à l’égard du CCI concernant l’organisation en est la preuve.
Le CCI célèbre également son jubilé cette année. Pouvez-vous nous en parler ?
La CCI Act a été proclamée il y a 25 ans. Et cet événement sera célébré par une série d’activités. Ainsi, une stèle sera dévoilée au CCI avant le 25 juin. Un parc WiFi sera également créé au CCI et sera accessible au public de 9h à 20h tous les jours, permettant l’accès à l’internet à tous les habitants de la région. Nous avons également l’intention d’organiser un Muslim Street Food Festival à Port-Louis. Une “kawali night” est également prévue à cette occasion. Des compétitions et récitations coraniques seront organisées pour les jeunes et les étudiants au niveau national. On célébrera le jubilé avec les moyens dont on dispose et dans la dignité.
Quelles sont les activités organisées par le CCI ?
Durant ces 20 dernières années, le CCI s’est concentré sur l’organisation de séminaires et de colloques offerts par d’éminents orateurs venus du monde arabe et du sud de l’Asie. Nous organisons à l’intention des jeunes des écoles des compétitions concernant la connaissance islamique et la lecture du Coran. Nous organisons également des activités dans le but de créer des ponts avec d’autres cultures de la société mauriciennes. Pendant le mois du ramadan, nous célébrons l’esprit de compassion et de partage avec ceux qui sont les moins fortunés dans la région de Port-Louis. Nous assurons également l’organisation et la supervision du Hajj. D’ailleurs, le centre est pleinement utilisé, notamment chaque semaine par des sociétés bénévoles musulmanes, mais aussi non musulmanes, à travers le ministère des Arts et de la Culture.
Le débat sur la réforme électorale interpelle-t-il le centre ?
Cette question n’a rien à faire avec le centre, mais, comme tout le monde, nous sommes intéressés par la question. Pour moi, il y a un élan de modernisation auquel tout le monde veut croire. Nous sommes confiants que cette démarche s’inscrive dans une vision moderne et pour la reconnaissance du mauricianisme avant tout, ce qui aidera à consolider la nation mauricienne.
Vous avez parlé plus tôt des ambassades de Maurice . Mais selon vous, faut-il fermer celle de Maurice en Malaisie ?
Je reste confiant à l’effet que l’ouverture de l’ambassade de Maurice en Arabie Saoudite sera bientôt une réalité. Mais je ne crois pas qu’il faille fermer l’ambassade de Maurice en Malaisie. Les relations diplomatiques commerciales et éducatives qu’on a avec ce pays sont bien ancrées dans les habitudes mauriciennes. La Malaisie reste la nation émergente de cette partie du monde pour promouvoir l’Islam et la certification du halal. Quant aux relations bilatérales dans le domaine universitaire, elles sont cordiales. L’ambassade de Maurice en Malaisie ne bénéficie pas qu’aux musulmans, mais à toute la population mauricienne.
Vous êtes à la présidence du CCI depuis cinq ans. Quels sont vos projets d’avenir ?
J’ai reçu la confiance du Premier ministre et de son gouvernement pour mener un projet de changement au CCI, particulièrement en ce qui concerne l’organisation et la supervision du Hajj. Je mènerai cette mission aussi longtemps que le gouvernement central me fera confiance. Si, demain, je devais faire quelque chose d’autres, je partirais avec le sentiment d’un travail bien accompli, sans rancoeur contre ceux qui nous ont critiqués à tort et à travers.