Vingt-cinq vendeurs des boutiques de l’aéroport licenciés lundi dernier, ont porté plainte au ministère du Travail hier. Ils dénoncent la manière de faire de Fashion Style, qui les a mis à la porte sans préavis et sans lettre de fin de contrat. Sans ce document, ils ne pourront avoir recours au Workfare Programme, en attendant de trouver un nouvel emploi. Qui plus est, ils réclament le paiement de leurs journées de travail ainsi que leurs frais de transport après la fermeture des comptes du mois de juillet.
Ces travailleurs sont remontés contre leur ancien patron Rakesh Gooljaury qui, disent-ils, ne s’est jamais intéressé à leur sort. « Nous travaillons pour Fashion Style depuis de nombreuses années, mais nous ne l’avons jamais vu. Il n’est jamais venu nous voir et ne s’intéresse pas à notre situation. La seule personne avec qui nous avions contact c’est notre Operations Manager, Mathieu Thevenet, mais apparemment il ne travaille plus chez Fashion Style lui aussi », relatent ces licenciés, qui ne savent plus comment faire pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Toutefois ce qui les révolte le plus, c’est que sur trente employés de l’aéroport, cinq ont été maintenus en poste. « C’est une discrimination. Nous aimerions savoir sur quels critères on les a gardés et pourquoi pas nous. Qui plus est, leur salaire est supérieur au nôtre et il paraît que la compagnie n’a pas d’argent ». Au ministère du Travail hier, les licenciés ont dénoncé le fait qu’ils n’aient pas eu de préavis. « Au contraire, quand Fashion Style a été mis sous administration judiciaire, notre Operations Manager nous avait dit de ne pas nous inquiéter, qu’il n’y aurait pas de licenciement », indiquent-ils. Ces derniers se demandent également où sont les administrateurs de Price Waterhouse Coopers. « Personne ne nous a rien dit sur notre situation », soutiennent-ils.
Les licenciés qui voulaient s’inscrire au Workfare Programme ont ainsi appris qu’il fallait, pour cela, une lettre de licenciement. Ils accusent dès lors Fashion Style d’avoir voulu se dédouaner de cette affaire. « Depuis plusieurs mois, nous n’avons plus de fiche de paie, l’argent est versé cash sur notre compte. Notre licenciement s’est fait verbalement. Nous avons reçu notre salaire de juillet en espèce sur le parking de l’aéroport. Pour cela, il a fallu remettre notre pass et la clé de la caisse du magasin aux deux représentants de Fashion Style, Kevin et Nitisha, venus nous annoncer la nouvelle ».
Ces licenciés lancent un appel aux autorités pour que leurs droits soient respectés. Avec cette nouvelle plainte au ministère du Travail, c’est la deuxième fois que Rakesh Gooljaury est mis en cause par ses ex-employés. Le mois dernier, ceux des magasins passés sous la responsabilité de New Trends Ltd de Paul Foo Kune ont porté plainte pour non-paiement du salaire de mai.