La Rodrigues Fishing Company, qui a cessé ses activités suite à un Winding Up, fait actuellement l’objet de commentaires défavorables quant à sa gestion. Le siège de cette compagnie offre un véritable spectacle de désolation avec des bateaux de pêche, coûtant des millions de roupies et dont l’acquisition a été financée par l’IFAD, à l’abandon. Plus grave encore est le bilan financier des opérations avec des arriérés de Rs 358 000 non-remboursés depuis le début de l’année.
Un véritable spectacle de détresse pour une île Rodrigues dont la vocation économique première est l’exploitation des ressources de la mer. Les bateaux et les moteurs de la Rodrigues Fishing Company sont dans un état lamentable. Les moteurs de six de ces unités de pêche, dont Bécune, Vivano, Sacrechien, Dorade, Mama Rouge et Vacoas sont submergés par l’eau de mer et l’eau douce.
Les moteurs sont dans un état d’abandon avancé. Les équipements de pêche et de navigation subissent des avaries faute d’entretien. Le bureau et la chambre froide de la compagnie sont fermés à double tour. La fourniture d’énergie électrique a été interrompue depuis deux mois pour factures non-payées de Rs 439 000. A cela, il faudra ajouter une ardoise de Rs 800 000, représentant des salaires et des factures de carburant encore en suspens.
D’autres part, lcs cinq bateaux de pêche ont coûté Rs 52 millions et financés par IFAD à hauteur de 75%. L’acquisition de ces unités de pêche a été un retentissant échec car après leur période de rodage, ils n’ont pu être mis à profit par la Rodrigues Fishing Company en raison de nombreux problèmes. Le précédent gouvernement régional n’avait prévu aucun plan pour l’entretien et le marketing des activités de ces unités de pêche.
Le plan de gestion établi misait sur un remboursement total de Rs 14 847 000 avec l’apport de chacun des bateaux s’élevant à Rs 11 006 sous forme de remboursement mensuel d’intérêts. Néanmoins, au cours de ces derniers sept mois, les dettes accumulées sur les opérations de chacune de ces unités sont de Rs 77 000, soit un montant global de Rs 385 000. La principale lacune se trouve au niveau de la gestion.
La Rodrigues Fishing Company avait démarré ses activités à la fin de novembre de l’année dernière avec la participation des membres de cinq sociétés coopératives de Pointe-Monier. Les bateaux n’étaient pas équipés pour garder les prises au froid. En janvier dernier, ils ont été contraints de cesser leurs activités car chaque bateau devait payer une police d’assurance. Les promesses d’un fonds de roulement de Rs 300 000 du précédent gouvernement régional ne s’étaient pas matérialisées.
A partir de là, la gestion de la Rodrigues Fishing Company devait connaître une nette détérioration avec le cumul des dettes et des factures impayées. Les élections régionales du début de l’année ne devaient nullement changer la donne pour la compagnie.
En 2009 et en 2010, la Rodrigues Regional Assembly avait injecté une somme de 4,9 millions de roupies en vue de soutenir les activités de la compagnie. Les six bateaux de pêche, qui ont coûté Rs 2 millions chacun, n’ont pas été entretenus correctement. Aucun contrôle n’était exercé sur les prises en mer et leur écoulement dans le circuit à Rodrigues.
Les divergences de vue entre les membres du conseil d’administration et le management de la compagnie ont contribué à une situation déjà compromettante. L’utilisation des facilités disponibles était sujette à controverse. En mars dernier, avec l’installation de la nouvelle équipe politique à l’Assemblée régionale, la décision de procéder à la fermeture de la compagnie était envisagée. Une enquête sur la gestion fut initiée et de nombreuses maldonnes furent relevées, d’où la décision de mise en liquidation.
En ce qui concerne les cinq coopératives, les pêcheurs sont dans le flou. Ils doivent payer une assurance de Rs 100 000 et ils ne peuvent pas avoir du glaçon afin de conserver leurs prises lors des parties de pêche. Ils sont désespérés et déclarent être victimes de la politique locale. Mike Brant Collet, un des pêcheurs, soutient  qu’« avan tous ti pe marche bien, maintenant nou trouve nou dans noir, nou envi plorer, nou fine gagne ene banne bijou. Nou pas pe réussi la pess parski nou pena ene fond de roulement ». Ils souhaitent l’intervention du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et du ministre de la Pêche, Nicolas Von-Mally, pour qu’ils puissent exercer professionnellement.