Ils se sont tous deux fait remarquer mardi dernier à l’Assemblée nationale. Fazila Jeewa-Daureeawoo, qui a profité de la Private Notice Question du leader de l’opposition sur la violence domestique pour rendre un hommage appuyé à son leader et Premier ministre Pravind Jugnauth, et Zouberr Joomaye, qui s’est fait éjecter de l’hémicycle sur ordre de Maya Hanoomanjee qui lui a dit « you go out with your phone », parce que son téléphone a sonné en plein débats au point où Rajesh Bhagwan en a profité pour lui demander d’aller rejoindre Kalyan Tarolah. Et ce sont eux qui seraient les premiers bénéficiaires des malheurs de Showkutally Soodhun.
La ministre des Droits de la Femme et de l’Egalité des Genres pourrait se voir propulser numéro 4 du gouvernement. Celle qui est une fidèle du Sun Trust depuis 1991 voue une grande loyauté à Pravind Jugnauth qui en profiterait pour revendiquer son attachement aux symboles forts : une femme pour la première fois sur le frontbench après l’avènement de la double présidence féminine de la République et de l’Assemblée nationale. Le siège de no 4 du gouvernement laissé vacant par un élu du MSM devrait revenir à un fidèle du Sun Trust, font valoir avec force les caciques du parti.
Si, au niveau de la place de no 4, cela ne risque pas de poser grand problème — encore que le ML serait en embuscade pour essayer d’avoir une seconde place sur le frontbench après celle d’Ivan Collendavelloo —, la nomination, par contre, du ministre en remplacement de Showkutally Soodhun risque d’être un peu plus problématique pour le Premier ministre.
Sur les trois candidats du MSM qui ont le même profil que le ministre démissionnaire, à savoir Roubina Jadoo-Jauboccus, Bashir Jahangeer et Zouberr Joomaye, il semblerait que ce serait le dernier venu au Sun Trust qui aurait les faveurs de Pravind Jugnauth. Et ce, pour plusieurs raisons ; d’abord pour le récompenser d’avoir quitté le MMM et rejoint le MSM et, ensuite, parce qu’il est connu pour être très estimé de ce qui est maintenant nationalement connu comme la « cuisine ». Il est, en plus, le seul à n’avoir rien obtenu comme « boutte », visible, depuis son adhésion au MSM, contrairement à tous les transfuges comme Alain Wong, Marie Claire Monty, Raffick Sorefan et Joe Lesjongard.
Les faiblesses des deux autres candidats au maroquin ministériel, Roubina Jadoo-Jaunboccus et Bashir Jahangeer, semblent également jouer en faveur de Zouberr Joomaye. La première nommée qui a été confrontée aux questions assassines du président de la commission d’enquête sur la drogue doit encore attendre la publication du rapport Lam Shang Leen pour être totalement rassurée quant à son avenir politique, même si elle est toujours PPS, alors que Bashir Jahangeer est, lui, confronté à quelques problèmes d’ordre personnel qui pourraient l’exclure du Conseil des ministres. N’a-t-il pas consigné une déclaration de précaution à la police après avoir eu vent que des enregistrements compromettants le concernant étaient en possession d’un parti de l’opposition ?
Le départ de Showkutally Soodhun pourrait aussi ouvrir la voie à un petit remaniement de l’équipe ministérielle. Si Fazila Jeewa-Daureeawoo garde son portefeuille, même en cas de promotion dans la hiérarchie, il n’est pas dit que Zouberr Joomaye hériterait automatiquement du maroquin du Logement et des Terres. Pravind Jugnauth profiterait de la situation créée par les dérapages de Showkutally Sooddhun pour envoyer un signal fort et installer un profil différent au ministère laissé vacant par le président du MSM.
Le premier choix aurait pu être Stéphane Toussaint qui, sans crever le plafond et égaler un Michael Glover, ne se débrouille pas aussi mal que cela à la Jeunesse et aux Sports. Il dispose du crédit de rester plutôt loin des polémiques stériles et le Premier ministre ne veut prendre aucun risque à ce niveau, et c’est Etienne Sinatambou, un habitué des chaises musicales ministérielles, qui pourrait hériter du ministère du Logement et des Terres.
En espérant qu’il fasse mieux qu’il ne l’a fait aux Technologies de l’Information et à la Sécurité sociale, ou encore à l’Environnement où il vient d’essuyer deux revers, le retard du paiement de la pension de retraite effectué le 6 novembre et la claque essuyée en Cour suprême sur le projet du St-Géran, alors que, lui, en tant que ministre de l’Environnement avait délivré un certificat d’excellence au promoteur.