La Fédération des Créoles Mauriciens (FCM) a fêté hier son sixième anniversaire au collège St Mary’s à Rose-Hill. Son président, le père Jocelyn Grégoire, a mis l’accent sur les principes d’égalité des chances tout en regrettant les « pouvoirs limités » de l’Equal Opportunities Commission (EOC) et de l’Equal Opportunities Tribunal (EOT). Il a dénoncé le fait que ces institutions ne puissent enquêter sur le recrutement dans la fonction publique. De même, il a laissé entendre que son combat ne se limite pas qu’aux Créoles mais à tous ceux qui souffrent d’injustice.
Un grand nombre de personnes s’étaient déplacés à Rose-Hill hier pour le rassemblement anniversaire de la FCM, placé sous le thème Anou lev nou lavwa pou lavenir nou zanfan. Le père Jocelyn Grégoire, qui a pris la parole vers la fin de la journée – au grand dam de certains –, a d’emblée rappelé son combat pour les plus démunis et ceux qui souffrent d’injustice.
Il a aussi tenu à réitérer son souhait de rester prêtre pour toujours, tout en précisant qu’il n’a pas l’intention de faire de la politique. « Mo ena enn rob pret ki kol lor mo lapo, si tir li mo lapo pou sorti », a-t-il dit. Plusieurs prêtres, dont Jacques David, Alain Romaine, Patrick Fabien ainsi que le père Henri Arté, responsable des Spiritains, congrégation à laquelle appartient Jocelyn Grégoire, étaient aussi présents.
Le président de la FCM a axé son discours sur les principes de l’égalité des chances. Il s’est dit étonné que le gouvernement ait mis en place une commission contre la discrimination mais que celle-ci ne puisse enquêter sur la fonction publique. Il s’est ainsi dit en faveur d’un amendement de l’Equal Opportunities Act pour corriger cette erreur.
Jocelyn Grégoire a aussi parlé de l’importance d’une Freedom of Information Act afin que les citoyens aient accès à l’information. Il a cité l’exemple des États-Unis et de l’Inde qui ont déjà adopté une telle loi.
Sur le plan politique, il a abordé la réforme électorale tant attendue. Il a émis le souhait que celle-ci comporte des dispositions pour limiter le mandat des politiciens – principalement le Premier ministre et le président de la République – à deux.
Contrairement aux premières années de célébration d’anniversaire de la FCM où il tenait un discours centré sur les problèmes spécifiques de la communauté créole, hier Jocelyn Grégoire a traité des problèmes touchant la population en général ainsi que des sujets d’intérêt commun. Il s’est dit aux côtés de tous ceux qui souffrent d’injustice. Son discours a été entrecoupés de chants de son répertoire.
Ce rassemblement était aussi empreint de symbolisme : des graines de cotomili ont été distribuées pour être mises en terre. La FCM voulait ainsi encourager les personnes à la débrouillardise et à être moins dépendantes. Et en union avec les Hindous qui célébraient hier la fête de Divali, des lumignons ont été allumés. Il a également parlé du symbolisme de la lumière dans toutes les religions et l’importance de la lumière dans la vie de tout individu.
À ceux qui s’interrogent sur ses va-et-vient entre les États-Unis et Maurice, Jocelyn Grégoire a expliqué que ses déplacements sont nécessaires pour des raisons de santé. Il doit s’y rendre obligatoirement pour son traitement contre le cancer. Des soins coûteux mais qui sont remboursés, a-t-il précisé, par l’université où il travaille. Jocelyn Grégoire a affirmé qu’il rentra définitivement au pays dès que son médecin traitant lui aura certifié qu’il est complètement guéri.