Photo archive :Narendranath Gopee avec les membres de la FSCOU

Le président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, estime que l’annonce de l’introduction de la « Negative Income Tax » est « un faux signal que le gouvernement envoie aux travailleurs ». C’était lors d’une conférence de presse à Port-Louis hier, au cours de laquelle il a également observé que « le budget présenté par Pravind Jugnauth est en faveur du secteur privé ».
Pour Narendranath Gopee, la « Negative Income Tax » annoncée entrera en vigueur en janvier 2018 et sera payable en août 2018 pour la période janvier à juin 2018. Or, dit-il, « n’ayant pas pipé mot sur le salaire minimum, tout laisse croire que lorsque le rapport attendu pour janvier 2018 sera rendu public, cette mesure sera rendue caduque puisqu’il fera état du salaire minimum de Rs 10 000 ». Il déplore aussi que le nouveau plafond d’imposition fiscale ne sera seulement applicable qu’à partir de l’exercice 2017/2018, « et ne couvre pas l’année qui s’écoule ».
Il relève par ailleurs que le budget ne contient aucune mesure pour les jeunes recrutés sous le Youth Employment Program, qui sert à faire baisser les statistiques du chômage, mais qui, une fois le contrat terminé, se retrouvent sur le marché du travail, qui plus est sous la responsabilité de leurs parents, et sans que ceux-ci puissent avoir la possibilité de les déduire de leurs impôts comme dépendants.
Le président de la FCSOU indique que le gouvernement « aurait dû venir de l’avant avec l’institution d’un organisme pour gérer et faire le suivi des différents projets majeurs annoncés » dans ce budget. Aussi, il estime qu’au lieu « d’énumérer toute une liste de projets, il aurait été plus réaliste d’annoncer deux ou trois projets phares réalisables par secteur ». Idem pour les infrastructures routières : « Est-ce que ce sera réalisable ? » demande-t-il. « Surtout que ceux annoncés l’année dernière n’ont pu être entrepris. »
Il accueille cependant positivement les propositions pour le secteur agricole tout en estimant toutefois que la réalisation demeure la question clé. Quant à l’annonce de l’installation de caméras CCTV sur les lieux agricoles, il trouve la mesure « farfelue » car, dit-il, « il faut que ces endroits aient une distribution électrique pour que le projet se concrétise ». Sur le même thème, il déplore aussi qu’aucune mesure n’ait été annoncée pour contrôler la qualité des légumes en vente sur le marché, et dont la grosse majorité est issue d’une agriculture à forte utilisation de pesticide et d’herbicide, « des produits cancérigènes qui ont des conséquences à long terme ».
Narendranath Gopee dit sa déception de voir que « le budget ne met pas au centre l’homme », préférant faire « lizie dou sekter prive ». Selon lui, « le secteur privé est toujours gagnant », avant de souligner que les « “rebates” dont il bénéficie sont de l’argent puisé des fonds publics, soit de la poche des travailleurs, alors que ces derniers ne touchent rien ». Il déplore également que le gouvernement « n’ait pas un droit de regard sur la manière dont le secteur privé dépense cet argent ». Au chapitre social, il observe que « les mesures sont tièdes, mais compréhensibles, surtout avec l’endettement du pays ». D’où « l’incohérence », laisse-t-il entendre, « de pourvoir autant de facilités aux entreprises privées ».
Abordant la question du « law and order », Narendranath Gopee ironise en affirmant qu’il « arrivera un jour où il y aura un policier pour veiller à une personne à Maurice ». Selon lui, la solution est dans l’éducation. Or, fait-il ressortir, aucune mesure n’a été annoncée concernant cet item.
Il dit cependant accueillir favorablement l’annonce de l’institution d’un nouvel organisme pour s’occuper de la pension des fonctionnaires et que « ce ne soit pas la SICOM qui le fasse ». De même qu’il affiche la satisfaction concernant les mesures au niveau du secteur de l’eau. « Même si on n’aura pas d’eau 24/24h, la distribution sera certainement plus régulière », fait-il ressortir.