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  • Compensation salariale de Rs 300 : la circulaire du 19 décembre aurait été appliquée en catimini si la FCSOU n’était pas intervenue à temps

Que l’allocation de Rs 1 000 accordée aux fonctionnaires soit étendue aux travailleurs du secteur privé. C’est ce que réclame Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU). Rencontrant la presse, mardi, au siège de la FSCOU à Port-Louis, le président de cette instance a insisté sur le fait qu’il ne faut qu’il y ait dans le pays deux catégories de travailleurs.

« Il ne faut pas qu’il y ait de discrimination entre les travailleurs. Kan ou mont lor enn kes savon koze ou pe viz la popilasyion antie », a-t-il dit. Il a fait état d’une circulaire selon laquelle le gouvernement a décidé d’accorder cette allocation aux fonctionnaires à partir de janvier 2020.

« Cette allocation n’a rien à voir avec l’allocation de Rs 1 000 que se trouve déjà dans le dernier budget de l’État et elle n’a rien à voir avec l’allocation de Rs 1 000 promise durant la dernière campagne électorale. Nous croyons que c’est une allocation additionnelle de Rs 1 000 qu’il a promise durant la campagne électorale. Nous demandons maintenant au Premier ministre, Pravind Jugnauth, de respecter son engagement”, a-t-il dit.

Parlant des dernières négociations portant sur le paiement de la compensation salariale annuelle, il a dit ne pas comprendre pourquoi la compensation salariale de Rs 300 soit limitée aux salariés touchant jusqu’à Rs 50 000. « Il serait approprié d’accorder cette compensation à tous les fonctionnaires qui touchent un salaire de Rs 9 000 à Rs 95 000 pour amortir la perte du pouvoir d’achat », a-t-il dit.

Et d’évoquer la circulaire du 19 décembre du ministère des Finances informant les Supevising Officers que des dispositions ont été prises dans les Workers Rights Additional Remuneration Regulations 2020 pour une compensation salariale à ceux touchant jusqu’à Rs 50 000.

Selon Narendranath Gopee, cette formule aurait été appliquée pour les travailleurs à temps partiel. L’ironie du sort veut que le paragraphe 2 de la dite circulaire dit clairement que l’« approbation a été obtenue » pour le paiement de cette compensation salariale à une autre catégorie de travailleurs qui ne sont pas des fonctionnaires tels que le président, le vice-président, le Speaker, des ministres et même des présidents de la République a la retraite.

« Lorsque nous avons évoqué la question, il y a eu une réaction du ministère des Finances pour dire que ce ne sont pas d’autres catégories de personnes. C’est une circulaire signée par V. Kallee pour le compte du secrétaire financier. Le ministère doit ouvrir une enquête pour déterminer où il a obtenu des instructions pour émettre une telle circulaire. D’ailleurs, le ministère des Finances n’a pas émis une circulaire pour démentir ladite circulaire. Et moi, je considère que c’est très grave dans la mesure où le ministère des Finances est venu dire que c’est une circulaire interne. »

Et d’ajouter : « Ce qui veut dire que si la FSCOU n’avait pas dénoncé cette circulaire, elle aurait été appliquée en catimini à l’insu de la population. La circulaire du 19 décembre aurait été appliquée si la FCSOU n’avait pas attiré l’attention de la population sur la question. Le communiqué du ministère des Finances tente de rectifier le tir mais il est encore plus ambigu. Il fait croire qu’on peut appliquer des décisions internes sans que personne ne soit au courant. Ce qui se passe normalement lorsque le ministère des Finances décide de revoir le per diem des ministres. Ce sont des décisions secrètes qui obtiennent l’approbation du cabinet ministériel. »