La Federation of Civil Service & Other Union (FCSOU) s’oppose au mécanisme de ”targetting” (ciblage) des pensions. Celui-ci, selon Narendranath Gopee, président de cette fédération, serait « néfaste pour la paix sociale ». Il demande au gouvernement de rejeter « in toto » le rapport de la Banque mondiale.
Lors d’une conférence de presse hier, le président de la FCSOU a déploré ce qu’il décrit comme une « ingérence » du Fonds Monétaire international (FMI) dans la gestion du pays et les prises de position concernant des questions relatives à la vie économique et sociale locale. Il demande ainsi au gouvernement de ne pas aller de l’avant avec le rapport concernant les recommandations du FMI sur le “targetting” des pensions. Le “targetting” engendra « une certaine discrimination » au sein de la population, estime Narendranath Gopee, qui se prononce davantage en faveur d’un plan de protection sociale. « Si le gouvernement décide d’aller de l’avant avec le ciblage, le pays ira vers une crise sociale », prévient ce dernier. Selon lui, la Banque mondiale se serait basée sur des calculs erronés pour venir de l’avant avec une telle proposition, arguant qu’elle n’aurait pas pris en considération les réalités de la société mauricienne et l’évolution des cellules familiales à Maurice.
Autre volet de sa conférence de presse : le rapport du Pay Research Bureau (PRB). « La structure actuelle est trop rigide », a déploré la FCSOU. « Beaucoup de demandes des différentes fédérations syndicales n’ont pas été considérées en raison d’une structure trop rigide », estime ainsi son président. Il fait rappeler que la compensation salariale vient compenser la perte du pouvoir d’achat et que le rapport du PRB est un exercice de révision salariale et concerne ainsi directement les conditions de travail. Ainsi, selon Narendranath Gopee, la compensation salariale « ne doit pas être prise en considération lors de la préparation des recommandations du rapport PRB ».
La FCSOU s’inquiète également du taux de chômage et du nombre de licenciements depuis le début de l’année. Quelque 5 000 personnes ont en effet été limogées durant les trois premiers mois de l’année, ce qui est « un mauvais signal envoyé par le gouvernement actuel », selon cette fédération. Narendranath Gopee en appelle au gouvernement pour « rectifier le tir » dans l’urgence, craignant en effet « l’éclatement d’une crise sociale dans le pays, avec une conséquence directe sur les familles ». D’autres conséquences émergeront, dit la FCSOU, comme l’endettement. « De plus, avec des taux de croissance revus à la baisse dans divers secteurs, tels la construction ou le textile, le contexte sera encore plus difficile. » Tous ces facteurs, estime le président de la fédération, « auront un impact cumulatif ». Il demande ainsi au gouvernement de mettre sur pied un plan de recrutement pour les personnes licenciées au sein de la fonction publique et dans le secteur privé « afin que priorité leur soit accordée ».