Les employés de la Mauritius Fishermen Cooperative Federation Ltd n’ont pas reçu leur salaire depuis plusieurs mois. Ils sont d’autant plus inquiets pour leur avenir que les coopératives primaires préfèrent vendre leurs prises directement aux “banians” et non aux maisons des pêcheurs. Le président de la fédération, Nicolas Martin, confirme que la situation est « difficile » mais laisse entendre qu’une partie de l’argent a déjà été versée.
Quatre mois de salaires plus les frais de transport. C’est que doit la Mauritius Fishermen Cooperative Federation Ltd (MFCFL) à ses quatre employés à la veille de Noël. La fédération des pêches, qui regroupe les coopératives primaires à travers l’île et qui détient le monopole dans la gestion des by-catch, se trouve en effet en difficulté financière. Quatre de ses employés ont préféré soumettre leur démission il y a quelque temps, alors que quatre autres attendent toujours d’être payés.
Sollicité par Le Mauricien sur la question, Nicolas Martin, président de la MFCFL, confirme qu’il y a eu « du retard » concernant le paiement des salaires. « Le problème vient du fait que nous dépendons du pelagic. Il faut attendre que les bateaux arrivent au port pour qu’on ait le poisson. Or, il y a eu du retard au niveau des bateaux ces derniers mois. »
Toujours est-il, ajoute Nicolas Martin, que le nécessaire a été fait pour verser une partie de l’argent dû aux employés. « Ils ont déjà reçu une somme représentant deux mois de salaire. Ils recevront le reste incessamment, le secrétaire de la fédération y travaille. »
L’avenir s’annonce également difficile pour la fédération, les maisons de pêcheurs fonctionnant au ralenti. Certaines, à l’image de celle de Tamarin, où une forte somme a pourtant été investie, sont fermées. À ce sujet, Nicolas Martin précise que beaucoup de pêcheurs préfèrent aujourd’hui vendre leurs prises avec des “banians” au lieu de les livrer aux maisons de pêcheurs. « Ils optent pour le plus offrant. D’autant que les prises ont considérablement diminué depuis quelque temps. »
Concernant la maison des pêcheurs de Tamarin, le président de la MFCFL ajoute que les appels d’offres ont été lancés aux sociétés coopératives de la région pour la gestion des lieux. « Nous l’avons déjà fait pour Cap-Malheureux et nous allons adopter le même principe pour Tamarin. » Il ajoute qu’avec la collaboration de la Commission de l’océan Indien, les pêcheurs de Tamarin ont bénéficié du programme SmartFish et ont reçu une formation pour “process” leurs poissons. Ce qui leur permettra d’offrir un produit à valeur ajoutée.
Alors que la gestion de la MFCFL est pointée du doigt par certains, Nicolas Martin est d’avis, lui, que c’est le secteur de la pêche lui-même qui est en difficulté en ce moment. Il ajoute que les pêcheurs ont aussi été encouragés à se tourner vers l’aquaculture. « Plusieurs coopératives, notamment à Trou-d’Eau-Douce et Grand-Gaube, se sont lancés dans ce projet. Nous avons fait parvenir au ministère une liste de plusieurs autres sociétés intéressées dans l’aquaculture. »