Me Rama Valayden, au centre d’une enquête du Central CID dans le volet consacré au paiement des Legal Fees de Rs 1,9 million par la famille Katoaroo en marge du détournement de fonds de Rs 80 millions à la Bramer Bank en 2011, multiplie les fronts. La dernière initiative concerne des procédures en vue d’une Private Prosecution de l’ancien Attorney General devant le tribunal de Port-Louis contre deux hauts gradés du Central CID, l’assistant commissaire de police Heman Jangi et le surintendant Yashdev Kallee. Ce développement intervenu ce matin vient se greffer sur la série de cinq procès en réclamations d’un montant de Rs 180 millions logés, hier après-midi, par Sadeck Katoaroo, le père de l’ancien banquier de la Bramer Bank, présumé cerveau de la fraude. En même temps, ce même Younousse Katoaroo a juré un affidavit pour faire état de la     séquence des événements en août et septembre 2011 avec la “bwat larzan” confiée à son père pour les fees des hommes de loi.
Dans le cadre de la Private Prosecution, qui devait être logée en Cour de Port-Louis ce matin, Rama Valayden accuse l’ACP Jangi et le surintendant Kallee d’avoir commis « an arbitrary act which is prejudicial to my individual liberty ». L’incident rapporté s’est déroulé le 18 octobre lors de l’interrogatoire de Sadeck Katoaroo dans les locaux du Central CID.
L’ancien Attorney General allègue que ces deux officiers de police auraient forcé le dénommé Sadeck Katoaroo à signer « an unread statement recorded by other CCID officers » avec de graves allégations portant sur le versement de Rs 1,5 million des Rs 1,9 million de Legal Fees agréées entre les parties.
Le second volet de l’accusation est que « Rama Valayden was allegedly aware of the tainted origins of the money when in fact and in truth no money at all whatsoever had been paid to me by the said Sadeck Katoaroo or whomsoever neither the money was paid in a single transaction nor did I suspect or had any reasonable grounds to suspect that the money was of tainted origins ».
Rama Valayden, qui a assigné plusieurs témoins, dont des membres de la famille Katoaroo, et Me Rouben Mooroongapillay, qui est actuellement sous le coup d’une arrestation, soutient que « the statement that was extracted by the CCID officers on the 18th October 2013 was arbitrarily without any enquiry used to interview me under warning which is prejudicial to my individual liberty and my civic rights under the Constitution ».
De son côté, Younousse Katoaroo, ancien employé de Bramer Bank, a, dans un affidavit juré plus de 26 mois après les faits, soit hier, apporté des précisions quant aux instructions données à son père pour assurer les services d’hommes de loi vu que son arrestation était imminente en août 2011. Il confirme la thèse de l’existence de la “bwat larzan” (savings box) sans donner de détails sur le montant contenu tout en ajoutant que son père ne connaît nullement la source de ces fonds.
« I told my dad that I have some savings in a box at home and that he can use the money to pay the lawyers », concède-t-il dans ce document juré en Cour suprême hier. Ces instructions avaient été communiquées par Younousse Katoaroo au téléphone alors qu’il se trouvait en Malaisie et que le détournement de Rs 80 millions au préjudice de la Bramer avait été découvert.
Plus loin dans ce même affidavit, le cerveau présumé Katoaroo ajoute au sujet de la “bwat larzan” que « I agree that I gave instructions to my father to find a lawyer. I also agree that I gave instructions to my father to take money from my savings box to pay the lawyer. My father does not know the true origin of the money that was kept in the said box and I never told him ». Il confirme également que durant les mois de mars et d’avril derniers, il a été interrogé par l’Independent Commission Against Corruption au sujet du détournement de fonds.
Younousse Katoaroo dénonce le fait que des allégations de complicité portées contre un haut cadre de la banque n’aient pas fait l’objet d’enquêtes ni de la part de l’ICAC ni du Central CID. Des transferts d’importants fonds à partir des comptes offshore ne feraient nullement l’objet d’audit contre le versement des commissions. Des accusations de brutalité policière lors des séances d’interrogatoire à septembre et octobre 2011 sont également formulées. Le suspect allègue que les limiers du Central CID voulaient obtenir des renseignements au sujet d’un sac contenant Rs 80 millions.
D’autre part, Sadeck Katoaroo, qui s’est rétracté après avoir signé une déposition le 18 courant, a logé cinq procès en réclamations contre des membres de la force policière dans cette même affaire, soit Rs 50 millions contre le commissaire de police Dhun Iswar Rampersad, Rs 30 millions contre l’ACP Pregassen Vuddamalay, Rs 30 millions contre l’ACP Jangi, Rs 25 millions contre le surintendant Kallee et Rs 25 millions contre l’inspecteur Ajodha.