Rs 5,000. C’est ce qu’elles perçoivent mensuellement pour des semaines de six jours où elles parcourent des kilomètres à pied et entassent des kilos d’ordures. Les femmes laboureurs que nous avons rencontrées ont jusqu’à 70 ans et travaillent dans des conditions pénibles pour faire vivre les leurs. Endettées et vivant dans une situation précaire, elles doivent mettre de côté leur âge avancé, la fatigue accumulée et leur santé fragile pour gagner leur vie.
6h. Les rues toujours sombres sont éclairées par quelques lampadaires. Les premiers rayons de soleil ne se sont pas encore projetés sur le sable blanc et les filaos géants de cette plage de l’ouest de l’île que deux femmes, vêtues de leurs uniformes fluorescents, sont déjà au poste. La couleur de leurs vêtements les rend visibles à des centaines de mètres et illumine la rue en cette matinée frisquette.
Des bottes noires aux pieds, des gants épais pour leur protéger les mains, un large chapeau de paille pour le soleil de plomb qui s’abattra sur elles dans quelques heures, une petite serviette dans la poche pour absorber leur sueur, sans oublier le long balai en bois et les sacs-poubelles qui leur remplissent les mains. La journée ne sera pas de tout repos. Quotidiennement, Josiane et Deviani (noms fictifs) ne parcourent pas moins de trois kilomètres à pied pour effectuer le nettoyage et le ramassage d’ordures dans les rues et devant les maisons de la localité. À 70 ans, elles longent tout d’abord la route côtière, avant de gagner les rues intérieures.