L’organisation non gouvernementale (ONG) Étoile d’Espérance organise une série d’activités le vendredi 9 septembre dans les hôpitaux pour sensibiliser les femmes sur le Syndrome d’Alcoolisation Foetal (SAF). Ce problème lié à la consommation d’alcool pendant la grossesse est courant à Maurice, mais peu parlé. D’où la démarche d’Étoile d’Espérance d’amener à une prise de conscience, en collaboration avec SAF Océan Indien.
Malformations, retard de croissance et surtout atteinte cérébrale résultant en des troubles cognitifs majeurs et comportementaux : ce sont les principaux problèmes liés à la toxicité de l’alcool sur le foetus. Une situation aggravante du fait que « peu de femmes enceintes qui se rendent ? l’h?pital pour des visites m?dicales avouent consommer de l’alcool », avance Patrick Boulonne, directeur d’Étoile d’Espérance, qui détient un titre de toxicologue et d’alcoologue, entre autres. Il est d’avis qu’il faut informer les femmes qui se retrouvent dans cette situation, qu’elles peuvent être aidées.
C’est pour cela que l’ONG a décidé de concentrer ses interventions dans les hôpitaux. « Ce vendredi, nos repr?sentantes seront dans les h?pitaux pour discuter avec les femmes enceintes et distribuer des brochures sur le SAF. Elles doivent ?tre au courant des dangers que repr?sente la prise d’alcool avant et apr?s l’accouchement. » L’hôpital reste le seul moyen pour l’ONG d’être en contact avec les femmes souffrant d’une dépendance à l’alcool.
Par ailleurs, la maison résidentielle située à Moka, ouvrira aussi ses portes au public ce vendredi 9 septembre. « Les personnes int?ress?es peuvent venir s’informer sur le sujet de 13 h 30 ? 15 h 30. Il y aura une projection de film et les visiteurs auront aussi l’occasion de prendre connaissance des diff?rentes activit?s de nos patientes. »
SAF Océan Indien, basé à la Réunion et ayant une expertise dans ce domaine apporte son soutien à Étoile d’Espérance pour cet événement.
Spécificité des femmes
Au-delà du SAF, c’est l’alcoolisme des femmes en général qui demande plus d’attention de nos jours. Trop souvent, déplore Patrick Boulonne, il y a un amalgame avec l’alcoolisme des hommes et la toxicomanie. « Or, le probl?me est diff?rent. Par exemple, il est assez rare de voir une femme ivre dans la rue, contrairement aux hommes. Les femmes boivent la plupart du temps en cachette et le soir. »
Mais il ne faut pas non plus pointer du doigt une catégorie de femmes, poursuit notre interlocuteur. Toutes les couches sociales sont concernées.
S’il y a un point commun entre toutes ces femmes, c’est que la plupart ont été victimes de violences et d’abus par des membres de la famille ou par le mari. « Souvent, elles sont aussi la seule source de revenus dans la famille. Ce qui les emp?che de s’engager dans une th?rapie. »
Autant de raisons qui amènent Patrick Boulonne à insister sur la nécessité d’une approche et d’une prise en charge différente.