Toutes les Mauriciennes n’ont pas accès aux mêmes facilités. Certaines vivent dans de telles situations précaires qu’elles n’ont pas les moyens ni de prendre convenablement soin d’elles, sur le plan hygiénique, ni de se soucier de leur apparence physique. Dans le but de venir en aide à un maximum d’entre elles, un groupe de femmes bénévoles ont mis sur pied l’initiative « Un bijou pour elles ». L’objectif est d’offrir à ces femmes des « outils » ainsi que des bijoux pour conférer un peu de couleurs et d’ordre dans leurs quotidiens…
Un constat, grave, d’emblée : « La construction des logements précaires dans des régions qui ne sont pas développées pour accueillir des habitations, explique la non accessibilité à l’eau, soutient l’une des volontaires de Un bijou pour elles. De même, la quasi totalité des programmes gouvernementaux ou des actions menées par des ONG, dans des poches de pauvreté, sont axés sur les nécessités de base, l’éducation, la formation… pour alléger la vulnérabilité économique et faciliter l’intégration sociale des familles. Cependant, à ce jour, il n’existe, selon nos observations, aucune mesure visible pour pallier l’absence de sanitaires, par exemple, dans ces poches de pauvreté. » Une autre bénévole ajoute : « Certaines familles ont même construit des toilettes à l’intérieur de leur maison, mais le système d’évacuation d’eau reste sommaire. D’autres familles ont improvisé des toilettes, parfois à ciel ouvert, mais, encore une fois, sans drain approprié, le système d’évacuation reste aléatoire. »
De ce fait, le réseau mis en place par ces bénévoles n’a pas la prétention de changer la situation décrite à propos des manquements sanitaires. La sensibilisation à l’hygiène dans cette opération est un élément clé. « À chaque fois que l’occasion nous sera donnée pour informer sur l’action d’Un Bijou pour Elles, nous nous exprimerons également sur cet aspect. Car, il est à notre avis inconcevable que dans une île Maurice développée ces foyers vivant dans des poches de pauvreté n’aient pas accès à l’eau courante ! », déplorent nos interlocutrices.
Les membres de cette initiative espèrent « sensibiliser l’opinion, y compris les autorités, sur ces questions cruciales ». Les bénéficiaires, des femmes de plus de 18 ans, sont « comme la majorité des femmes vivant dans des poches de pauvreté, des piliers indispensables de leur foyer. Lorsque nous leur prodiguons des conseils et les sensibilisons, nous souhaitons toucher à travers elles leurs familles ».
L’autre volet de cette initiative comprend l’idée d’offrir des “bijoux fantaisie” à ces bénéficiaires. « En offrant cette occasion à ces femmes qui n’ont pas les moyens de s’en acheter, poursuivent nos interlocutrices, nous voulons apporter un peu de couleur dans leur vie. Et leur donner ce feel good factor auquel toute femme a droit, et ce, peu importe sa condition sociale. » Et d’ajouter : « Par cette action, nous ne cherchons pas à encourager nos bénéficiaires à revoir leurs priorités, mais à les soutenir dans la revalorisation de leur féminité »
Les femmes derrière Un bijou pour elles invitent le public à soutenir leur action, en faisant parvenir des bijoux (bagues, boucle d’oreilles, bracelet, colliers pendentifs, accessoires pour cheveux…) fantaisie, usés mais de bonne qualité, ou neufs. Ces bijoux peuvent être déposés chez L’Épicerie Gourmande à Floréal (tel : 697 5429), Grand-Baie (tel : 269 1123) et à Tamarin (tel : 483 8735). Le réseau peut aussi être contacté via courriel à unbijoupourelles@gmail.com ou via leur page Facebook. Elles lancent également un appel aux distributeurs de poubelles hygiéniques pour leur en remettre, dans le cadre de la sensibilisation à l’hygiène.