Le Rapid Situation Assessment de 2004 mentionne 4,800 femmes qui s’injectent la drogue. Les ONG engagées dans la lutte contre la toxicomanie estiment qu’il y a aujourd’hui entre 3,000 et 4,000 femmes qui seraient des usagères de drogue. La vie de ces dernières est devenue infernale : la dépendance les entraîne dans un univers de violence, de précarité, de prostitution et de souffrance.
“Gramatin leve, pa gagn letan begne ni begn zanfan. Nek sorti al dibout dan lari. Mo lazourne ti fini lor sime”, confie Jennifer, ex-toxicomane qui suit un programme de réhabilitation au centre Chrysalide à Bambous. “Gramatin, midi, tanto, ti pe bizin fime”, lance, Dorinne, une autre pensionnaire, âgée de 22 ans. Les deux femmes ont touché à la drogue vers l’âge de 19 ou 20 ans et sont rapidement devenues accros aux substances qu’elles consommaient.
Âgée de 30 ans, Jennifer est mère de trois enfants en bas âge. Le calvaire qu’elle a vécu pendant dix ans, elle ne pourra jamais l’effacer de sa mémoire. Elle est devenue accro au brown sugar lorsque son mari s’est retrouvé en prison. “Il envoyait de la poudre pour que je deale. C’est ainsi que j’ai commencé à en consommer.”
Quant à Dorinne, c’est à cause de ses fréquentations qu’elle s’est retrouvée prisonnière de l’héroïne. “J’avais pris l’habitude de faire des virées avec quelques amis; je ne buvais même pas. Un jour, après une sortie, je me suis réveillée dans la voiture de l’un d’eux; je ne me sentais pas bien. Quelqu’un a alors apporté la substance que nous avons fumée, et je me suis sentie mieux peu après.”