« La résiliation du contrat est encore plus impérative »

Le rapport des Crown Agents, à l’issue de leur visite en Inde pour inspecter la fabrication des éoliennes dans le cadre du projet de ferme éolienne à Plaine-Sophie, est toujours préservé en toute discrétion. Il nous revient que seulement une poignée de personnes connaissent le contenu de ce rapport.

Un haut cadre du Central Electricity Board (CEB) tente vainement de rassurer que les contenus sont positifs, mais d’autres sources du CEB révèlent que ce rapport cache bien des choses. Raison pour laquelle le député du PTr Osman Mahomed projette de réclamer la publication de ce rapport lors de sa prochaine intervention sur le projet de Plaine-Sophie au Parlement. Ce dernier exige même la résiliation du contrat du promoteur.

Osman Mahomed ne compte pas lâcher prise. Il est catégorique : le CEB doit résilier le contrat du promoteur du projet de Plaine-Sophie. « Je déplore la mauvaise gestion de ce projet. Il y a tellement de maldonnes. D’abord, ce projet a enregistré un retard de quatre ans, car il devait être achevé depuis mai 2015. Puis le promoteur a été accusé d’avoir falsifié des documents bancaires et il est sujet à une enquête.

Maintenant, nous entendons dire que des experts, plus précisément des Crown Agents, sont partis en Inde en mai dernier pour aller vérifier si les éoliennes avaient bel et bien été fabriquées, comme l’avait soutenu le promoteur. Il y a eu un rapport, mais le contenu de ce rapport demeure un mystère. Selon mes informations, le contenu de ce rapport n’est pas aussi positif que le prétendent certaines personnes. Je pense qu’il est temps que le CEB prenne une décision pour résilier le contrat de Plaine-Sophie », avance le parlementaire.

En effet, Osman Mahomed a interrogé le Premier ministre adjoint et ministre de l’Énergie, Ivan Collendavelloo, au sujet de la visite en Inde. Un ingénieur senior du CEB avait accompagné les experts pour l’inspection. Ivan Collendavelloo devait expliquer que le 29 avril dernier, le CEB avait décidé de solliciter les services de Crown Sgents pour l’inspection sur le site de production en Inde, laquelle a eu lieu du 13 au 21 mai dernier, à Nasik, au Maharashtra, à Mangalore, Daman et Chennai.

« Le 29 mai 2019, les Crown Agents ont confirmé la fabrication d’une grande partie des équipements, notamment les éoliennes. Cela a été confirmé par un officier du CEB qui avait été délégué pour assister à l’inspection. Je suis informé qu’après avoir reçu le rapport de l’inspection, le conseil d’administration du CEB a décidé de prolonger le délai au promoteur au 31 mars 2020, sous réserve du paiement de tous les dommages et intérêts dus.

Le CEB me signale en outre que ses responsables techniques ont effectué des visites sur le terrain, la dernière en date ayant eu lieu hier (le 15 juillet, Ndlr). Ils ont confirmé que le promoteur entreprenait des travaux préliminaires tels que le nivellement du site, le bureau de chantier et le nettoyage du site. Les installations et équipements devraient maintenant être livrés en janvier 2020 », avait déclaré Ivan Collendavelloo au Parlement le 16 juillet dernier.

Mais le député Osman Mohamed, comme beaucoup d’autres personnes, souhaite connaître le contenu de ce fameux rapport. « Nous nous demandons pourquoi ce rapport n’a pas été rendu public à ce jour. S’il s’agit vraiment d’un rapport positif, il ne faut pas avoir peur de le rendre public. D’ailleurs, je compte, lors de ma prochaine intervention parlementaire sur le projet de Plaine-Sophie, réclamer la publication de ce rapport afin que tout le monde sache ce qu’il contient », déclare Osman Mahomed.

Par ailleurs, ce dernier dit ne pas comprendre pourquoi le CEB ne résilie pas le contrat de ce promoteur alors qu’il y en a d’autres « à des prix plus compétitifs », dit-il. « Ce promoteur propose le prix d’électricité à Rs 7 kWh. Cela va coûter une fortune. Or, il y a des d’autres promoteurs qui proposent Rs 3,50 ou Rs 4 le kWh. D’où la raison pour laquelle j’insiste sur la résiliation de ce contrat », indique-t-il. D’autres sources du CEB déplorent qu’un délai ait été accordé à ce promoteur alors que des actions sévères auraient dû être prises à son égard.