Nouvelle polémique. Après celle entourant la fermeture des Salines de Mont Calme à La Mivoie, Tamarin, cette fois, c’est au tour des Salines de Petite Rivière Noire d’être au centre de la controverse. Depuis vendredi, la quinzaine d’employés, dont certains ont plus de 20 années de service, ont appris de la bouche de Marc de Ravel, leur employeur, que celles-ci ne seront plus opérationnelles. Un coup de massue pour ces employés qui déplorent, outre la perte de leur gagne-pain, que la compensation salariale proposée par leur employeur est plus que dérisoire.
« Rs 12 000 de compensation pour avoir travailler pendant dix ans. Vous croyez que c’est juste ? » se demandent les employés des Salines de Petite Rivière Noire, qui ont jusqu’à mardi pour donner une réponse à leur employeur concernant l’offre qui leur a été faite. Il leur a en effet été annoncé vendredi dernier, lors d’une réunion sur leur lieu de travail, que les Salines fermeront bientôt. Leur employeur leur a ainsi donné un mois de préavis, indiquant qu’ils devront avoir arrêté de travailler le 15 septembre prochain et qu’il leur sera versé, comme le prévoit la loi, une compensation salariale.
Cette fermeture était à l’agenda depuis deux ans déjà, mais les employés ne comprennent pas « le manque de considération humaine » de leur employeur à leur égard. C’est avec désespoir qu’ils ont appris que ceux qui ont moins de 10 ans de service n’obtiendront qu’une compensation de 6 jours par année de service, ceux qui ont plus de 10 ans, 10 jours par année de service, et ceux qui ont 20 ans et plus, 15 jours par année de service.
« Li pa korek. Nou finn donn nou lavi dans les Salines, pou ki zordi, missié-la guet nou koumadir nou naryé ditou », disent ces employés. S’il leur a été suggéré d’aller prendre des cours en vue d’un recyclage, ces employés, dont certains ont presque la soixantaine, se disent désespérés de trouver un emploi. « Eski c’est à 58-59 ans ki nou pou ale aprann ? Ki métier nou pou ale aprann. Kisannla pou pran enn dimounn ki pou ale pran pension dans un an ? » se demandent-ils.
Pour ces employés, Marc de Ravel aurait dû tenir compte de la précarité dans laquelle vivent leur famille et prendre en considération leur dévouement pour le métier. « Nous avons  permis à la compagnie de faire des profits. Nous avons des enfants. Quel avenir allons-nous leur garantir ? » se demandent-ils.
« Pourquoi pour nous il n’y a pas de considération. Certes, ce sont les terres de sa famille, mais la société de Ravel fera néanmoins une bonne affaire en vendant ses terres pour la construction d’un supermarché à La Mivoie à Rivière Noire. Li bizin pense dimounn ki finn travay pou li ».
Dépités, nul d’entre eux ne veut donner une réponse à Marc de Ravel, comme demandé mardi. Estimant qu’ils auraient dû avoir au moins trois mois de compensation salariale, ils ont référé leur cas à un syndicat et envisagent d’alerter le ministère du Travail. Ils espèrent obtenir de même des éclaircissements quant à la situation réelle de leur compagnie.
Contacté, Marc de Ravel nous a renvoyé à des explications ultérieures.