Des doutes planent auprès des parents et des élèves qui fréquentent les institutions universitaires, notamment de l’EILM University. Ceux-ci restent en effet dans le flou lorsqu’il s’agit de leur avenir et réclament une commission d’enquête sur la responsabilité de la Tertiary Education Commission (TEC) ainsi que celles de l’ancien ministre Jeetah et de Sunil Jeetah.
C’est à la mi-journée que l’association des Parents et Étudiants de |’EILM University a rencontré la presse pour faire état de la situation de plusieurs familles suite à la décision de la fermeture de cette institution tertiaire. Salim Muthy, le porte-parole, dénonce ainsi « la façon d’agir » de Sunil Jeetah. Pendant des années, dit-il, « Sunil Jeetah pe badinn ar lavenir zanfan ek paran », ajoutant : « Zordi paran pe plore akoz zot ti ena lespwar an li. » Tout ce que recherchent désormais ces parents, « c’est que justice soit faite au plus vite ».
Clémence Liotaud, dont la fille Anaïs vient de terminer sa troisième année, fait part de sa difficulté à joindre les deux bouts et à gérer ses enfants qui « ont besoin de leur espace vital ». Elle poursuit : « Aswar, mo pa kapav dormi kan mo pans sakrifis par ki mo tifi inn pase pandan sa trwa zan la ek kan mo pans sa kantite kass kinn depanse dan vid. Mo tifi inn al liniversite san kass, zis ek so dipin ek delo parski nou pa ti ena pou donn li. Zordi, mo pe zis espere ki mo tifi gagn enn travay ek akreditasyon de so sertifika. » Pour elle, « inn ariv ler pou nou bouze, pou ki nou kone kot nou pe alle ».
Creola Augustin, mère d’Élodie, également en dernière année, rejoint ces propos : « Zanfan so lavenir kot pou ete dan enn liniversite ki pa reconait ? ». Elle se demande si sa fille sera vraiment graduée. Shagufta Muthy, étudiante en dernière année, dit, elle, avoir pris part aux examens de fin d’année, ajoutant qu’elle a déjà rendu sa dissertation mais qu’elle ne sait pas si elle sera corrigée, évoquant « toute la somme dépensée pendant ces trois dernières années ».
Salim Muthy, pour sa part, a sollicité une rencontre officielle avec la nouvelle ministre de l’Éducation. La secrétaire de Leela Devi Dookun a d’ailleurs appelé à annoncer que cette rencontre aura lieu « dans les plus brefs délais ». Salim Muthy tient aussi à ce qu’il y ait une commission d’enquête sur la TEC qui, selon lui, serait « hors de contrôle ». Il poursuit : « TEC inn perdi so kredibilite, bizin netoy li ! ». Le porte-parole de l’association des parents et d’élèves de l’université se demande même « comment l’ancien ministre a pu donner son approbation pour l’implémentation de l’EILM ».
De plus, l’association a aussi fait appel à la ministre de la Sécurité sociale Fazila Daureeawoo afin qu’elle fasse un relevé du montant que son ministère a accordé aux élèves d’EILM à travers des bourses d’études et dise combien d’élèves détiennent cette bourse. Concernant la commission d’enquête, Salim Muthy accorde un délai de 30 jours pour que les choses changent. Après quoi, si rien n’a été fait, il compte entamer une nouvelle grève de la faim. Il demande ainsi que les certificats octroyés par l’EILM soient reconnus à travers l’Université de Maurice ou que les familles soient remboursées. Le porte-parole de l’association compte également aller de l’avant avec une manifestation.