Les anciens enseignants et responsables des Centres techniques St-Montfort et René Verbruggen ont sévèrement critiqué ce matin lors d’une conférence de presse la manière de faire du Diocèse de Port-Louis, surtout celle de ses représentants, dans la décision de fermer ces deux écoles, sans concertation préalable. Les intervenants ont proposé que le diocèse continue de gérer les deux établissements et ce, avec le soutien des prêtres et du personnel, évinçant ainsi le responsable du Service diocésain d’éducation technique, le père Heberito Cabrera.
La fermeture des Centres techniques St-Montfort à Port-Louis et René Verbruggen à Souillac, gérés par le Diocèse de Port-Louis, continue de faire couler beaucoup d’encre. Cette décision a été prise récemment par le Service diocésain d’éducation technique pour des raisons de difficultés financières et de baisse du nombre d’élèves fréquentant ces écoles qui accueillaient des jeunes ayant échoué leur CPE ou ne trouvant plus leur place dans le système scolaire conventionnel.
« Nous dénonçons l’attitude désinvolte du Diocèse de Port-Louis », a lancé ce matin Jean-Marie Sunassee, ex-directeur du Centre technique St-Montfort qui a ouvert ses portes en 1982. Depuis l’annonce de la fermeture de cette école et celle de Souillac, 17 enseignants et membres du personnel se retrouvent sans emploi. Ils dénoncent principalement le manque de concertation avec le corps enseignant avant la prise de décision de fermer les deux centres.
« Nous avons été informés le 6 décembre par courrier d’une réunion prévue le lendemain. Lors de cette rencontre, on nous a fait part de la fermeture des deux centres avec effet immédiat. Cela a été un véritable choc pour nous », explique Jean-Marie Sunassee. Et d’ajouter : « Bien que nous étions au courant des difficultés financières que rencontraient les centres, nous étions loin de nous douter qu’ils allaient mettre la clé sous le paillasson. » De plus, soutient une enseignante, les centres ont entamé l’exercice d’enregistrement pour la rentrée 2013.
Jean-Marie Sunassee dit ainsi regretter « l’attitude cavalière et arbitraire » des représentants du Diocèse de Port-Louis. « Nous n’avons pas été consultés. Si cela avait été fait, nous aurions pu venir de l’avant avec des idées ou proposer un plan de sauvetage pour les deux centres car il ne faut pas oublier que ceux qui suivent des cours viennent pour la plupart des milieux pauvres. Cela nous est tombé dessus comme un coup de massue. »
Parmi les idées évoquées pour sauver les Centres techniques St-Montfort et René Verbruggen : l’offre de cours de City & Guilds qui aurait attiré davantage d’élèves, de maçonnerie en concertation avec les industriels et des formations à temps partiel qui auraient garanti une rentrée d’argent pour les élèves rencontrant des difficultés financières.
Les intervenants à la conférence de presse de ce matin propose aussi au Diocèse de Port-Louis de gérer les deux centres avec l’aide de prêtres volontaires et des membres du personnel, évinçant ainsi le responsable du Service diocésain d’éducation technique le père Heberito Cabrera. « Ce dernier n’a pas été à la hauteur de ses prédécesseurs », lance l’ancien directeur du Centre technique St-Montfort. Il dénonce par ailleurs « son attitude dictatoriale, ses décisions unilatérales et son manque de transparence ».