Ferney Reconnect with Nature est un concept qui invite le visiteur à redécouvrir la nature authentique de Maurice à travers des ballades agréables et éducatives. Un moment d’évasion unique au cœur d’une vallée riche en histoire et en espèces.

Il est presque midi et la belle est pile au rendez-vous. Mais aujourd’hui, comme il lui arrive de le faire quelquefois, Pépita a décidé de jouer à la timide. Depuis toutes ces années que ces rencontres sont quotidiennes, ses réactions ne sont pas toujours prévisibles, l’instinct de la nature ne l’ayant jamais quitté. C’est sans doute parce qu’il préfère l’aventure et le grand air que Pépito, son compagnon, ne s’est pas présenté aujourd’hui. Dans sa belle robe couleur fauve, Pépita fait littéralement tourner les têtes. Tantôt ici, tantôt là-bas, elle se balade avec une certaine nonchalance, feignant d’ignorer le petit cadeau que lui a apporté la guide venue à sa rencontre.

Le ballet de la reine.

Celle-ci connaît bien le petit jeu de la grande reine. Pour l’amadouer, elle l’appelle d’une voix tranquille, tout en sifflant pour attirer son attention. Volant de branche en branche, elle se rapproche, jusqu’à s’élancer vers le repas que lui tend la guide. Planant vers le sol, elle laisse le temps aux photographes d’immortaliser son ballet. Certains sont venus de très loin pour voir cette crécerelle, que l’on ne finira jamais d’admirer pour sa beauté et pour le symbole qu’elle représente. Pépita, comme ses compagnons, incarne l’espoir. Chaque battement d’ailes de cette espèce que l’on croyait vouée à la disparition il y a quelques années rappelle qu’il y a des combats dans lesquels il faut croire, que la cause environnementale est sacrée.

C’est aussi ce murmure qui s’entend le long des sentiers qui sillonnent les quelque 200 hectares de Ferney La Vallée. Au milieu de cet océan vert, on peut admirer la forêt originale de Maurice, la flore telle qu’elle était lorsque l’homme avait posé le pied sur ce bout de terre encore vierge. La tâche est énorme, mais c’est avec patience et détermination qu’elle est menée, pas à pas. Un travail de conservation titanesque qui consiste à enlever les plantes exotiques afin que les endémiques puissent reprendre leurs territoires.

L’évasion.

Quelques kilomètres à parcourir à pied : l’air ici est frais, dépourvu des lourdeurs de la pollution. Le chant des oiseaux et la brise à travers les feuilles contribuent aux sentiments d’immersion et d’évasion que procure cette vallée aux caractéristiques uniques, sauvée in extremis de la folie d’hommes en manque de vision et de considération pour la nature. À partir de 2003, il a fallu batailler dur pour faire barrage au projet d’autoroute qui allait traverser cet espace sauvage et briser à jamais l’équilibre naturel. Des centaines d’arbres portent encore la peinture rouge qui les vouait à l’abattage. On comprend que cette autoroute allait être une balafre qui aurait défiguré les lieux. Dans le flot d’arguments présenté par les écologistes et les militants, c’est finalement la nature qui a eu le meilleur plaidoyer. Elle a révélé que la vallée abrite des espèces uniques qui suivraient les traces du dodo si le projet avait été autorisé.

Le bois clou et le pandanus cités dans ce dossier peuvent être admirés lors de la balade dans la forêt. Connaissant très bien le coin et les espèces, notre guide prend le temps de citer les noms des arbres et de raconter les anecdotes à leur sujet. Il y a par exemple cette plante qui confère des traces rouges à ces feuilles du bas pour prétendre aux tortues qu’elles sont toxiques. Elle nous raconte comment le fruit du bois de rat sent mauvais et poursuit avec d’autres histoires. Nous faisons connaissance avec le bois d’olive, le légendaire takamaka, le bois de cannes ou encore le bois tambour, dont on ne compte qu’une dizaine d’individus répertoriés à Maurice. S’étendant sur quelques kilomètres, la randonnée permet effectivement une belle reconnexion avec la nature.

Dans le ciel.

Tandis que la Mauritian Wildlife Foundation continue ses travaux de conservation sur les lieux, les majestueux pigeons des mares se laissent admirer. Cateaux verts et d’autres oiseaux rares nichent quelque part. Comme pour défier ces mythes qui les diabolisent, une flopée de chauves-souris plane dans ce ciel qui leur appartient, sans avoir à craindre les balles et les décisions honteuses qui ont dangereusement réduit leur population.
Puisque l’on est ici pour découvrir, la marche prend un rythme agréable le long du sentier aménagé et entretenu. Des marches ont été taillées dans la terre pour rendre les montées moins pénibles et des ponts de bois traversent les nombreuses rivières qui descendent vers la mer. On prend le temps d’admirer ce paysage sauvage qui finit par se marier au bleu de l’océan, une fois que l’on arrive dans les hauteurs.

Non loin de la réception, un jardin d’épices prend forme avec des aromates et des plantes aux mille senteurs : cannelle, menthe, thym, romarin, café, curcuma, gingembre… Dans la boutique jouxtant la réception, des produits locaux originaux sont mis en valeur. Sans dénaturer les lieux, d’autres sentiers sont en préparation pour les randonneurs et les vététistes, alors que la balade en 4×4 est déjà au programme. D’autres projets sont à venir afin que Ferney La Vallée reste une expérience riche, unique et intense.

Ferney Falaise Rouge
Le bon goût de l’authentique

C’est une longue allée coupant à travers les champs de cannes qui mènent à Ferney Falaise Rouge. Niché au bord de la baie de Vieux Grand Port, ce restaurant bénéficie d’un cadre idyllique. De grands espaces permettent à l’air de la mer de circuler librement par les ouvertures de cet établissement qui compte une quarantaine de couverts. Dans la cour, de grands arbres, un vieux canon pointant vers les îlots, un hamac et des transats confèrent au lieu un air décontracté. C’est dans cet esprit que l’on y vient manger une cuisine locale repensée pour être gastronomique.

Comptant une vingtaine d’années derrière les fourneaux, le Chef Rajoo s’est imposé comme une référence dans le domaine. Ses spécialités : le gibier et le cœur de palmiste. La carte propose vindaye de cerf, curry de poulet et crevettes au lait de coco, daube de poisson, rougaille de saucisses, gratin de palmiste et crevettes, mille-feuilles d’aubergine, mozzarella, tomates, entre autres. “Je viens de cette région où le gibier et les palmistes sont en abondance. J’ai aussi travaillé dans les chassés, donc je sais comment manier ces ingrédients”, explique le Chef Rajoo, qui nous propose les secrets de cette recette du dry curry de cerf.

Recette du Chef Rajoo de Ferney Falaise Rouge
Dry curry de cerf

Ingrédients (pour 5 personnes)
1 kg de viande de cerf
5 c. à soupe d’huile
4 c. à soupe de raisins secs
2 oignons
Croûtons en cube
2 c. à soupe de poudre à curry
2 c. à soupe de safran
Brin de thym
Brin de cotomili
Brin de karipoule
4 c. à soupe de pistaches grillées
Sel et poivre

Préparation

Mariner la viande avec du sel, du thym, des oignons hachés, du karipoule, de l’huile et du safran. Faire revenir la viande dans une casserole pendant 15 minutes. Y ajouter la poudre à curry, saler et poivrer. Laisser cuire à petit feu pendant 5 minutes.
Mettre les raisins secs et laisser mijoter pendant 5 minutes. Avant de servir, ajouter le cotomili haché, les pistaches grillées et les croûtons. Accompagner le dry curry avec du riz blanc, des lentilles et un chatini de pommes d’amour.