La cinquantaine de marchands ambulants opérant rue Farquhar, à Port-Louis, souhaitent que les autorités en fassent une route piétonnière de 10h à 16 ou 17h, leur permettant ainsi de travailler durant la journée. Le président de la Small Traders Association, Feroz Beegum, déclare que ce sont les autorités elles-mêmes qui ont restreint le mouvement des marchands ambulants sur une base régionale. « Si nous ne pouvons opérer dans la capitale, où nous payons pourtant un permis à la mairie, où allons-nous travailler ? » s’interroge-t-il, avant d’ajouter que les marchands ambulants sont disposés à payer les frais des parkings utilisés.
Feroz Beegum, le président de la Small Traders Association (STA), s’est exprimé sur la problématique des marchands ambulants de la rue Farquhar, à Port-Louis, qui réclament que leur lieu de travail soit décrété « route piétonnière » de 10h à 16/17h. Selon lui, il y a eu un « laisser-aller » dans le passé de la part des autorités, tant politiques que municipales. « Autrefois, il n’y avait pas autant de marchands ambulants. Maintenant qu’ils sont là, pa kapav pous zot », soutient-il. Il estime ainsi que l’État reconnaît ces derniers comme étant des marchands ambulants. « On nous fait donc payer un permis pour travailler à Port-Louis. Mais on nous interdit de travailler près du marché central, où il y a un grand mouvement, pour nous envoyer dans des endroits où il n’y en a pas. Zot pe rod touy nou », dit-il. M. Beegum, qui travaille depuis plus de 20 ans dans la rue, est d’avis que la mairie de Port-Louis « pa oule met lord, nek li dir sorti ale ».
Parlant de la vie d’un marchand ambulant, le président de la STA explique qu’il n’est pas facile de faire ce métier. « Ca marche vers la fin du mois, lorsque les gens ont un peu plus d’argent, mais le reste du temps, c’est extrêmement difficile. Nous arrivons à gagner notre vie, mais pas plus. Et je ne parle pas des autorités, qui nous harcèlent tous les jours », déclare-t-il. Autrefois, M. Beegum avait sa propre petite entreprise, qui fabriquait des shorts et autres vêtements. « J’avais même enregistré une marque qui s’appelait Kales Kase. Mais ça n’a pas marché du fait de la concurrence étrangère. Au cas contraire, je ne serais pas descendu dans la rue, où je dois vendre des lunettes venues de Chine pour gagner mon pain », souligne-t-il. Commentant le sort des PME à Maurice face à la concurrence étrangère, il estime que le gouvernement devrait aider les producteurs locaux en termes de facilités financières ainsi que d’exemption de taxes sur l’importation des matières premières. « De plus, il faut taxer davantage les produits étrangers, notamment chinois, et ce afin de permettre aux entreprises locales de survivre. Les produits chinois sont en effet très bon marché », termine notre interlocuteur.