Mars, proclamé comme étant « la plus pacifique des planètes » et la Terre, comme une planète de « guerriers ». Une vingtaine de comédiens amateurs ont donné vie et chair à la pièce écrite entre 1950 et 1954 par Malcolm de Chazal et que l’on croyait disparue à jamais au Théâtre Komiko, Rose-Hill. Elle a été portée à la Fondation Malcolm de Chazal (FMC) à la Noël 2012. Du 12 septembre au 1er octobre, le Festival chazalien, organisé par FMC, propose une série d’activités artistiques et culturelles qui mettent à l’honneur le célèbre Malcolm de Chazal. Outre le théâtre, danse, film d’animation, exposition et ateliers pour enfants seront aussi de la partie.
 La mise en scène de cette pièce ne s’est pas faite sans peine. Il a fallu à Robert Furlong retranscrire le texte du manuscrit sur ordinateur, ce qui a pris des jours. « La difficulté était également de réussir à réunir tous les comédiens et de trouver un moment où tout le monde était libre pour répéter ». Robert Furlong explique aussi que cette pièce a été montée en seulement deux mois.
Un texte inédit
 Cette pièce a été mise en scène pour la première fois, avec un texte inédit dont l’unique version dactylographiée fut brûlée par l’auteur sur la plage du Chaland dans les années 1960 selon Robert Furlong de la FMC. Le manuscrit a été retrouvé récemment alors qu’on la croyait définitivement perdue. Le public a eu l’occasion de découvrir la pièce gratuitement et lors de deux représentations dans une mise en scène de Maryse d’Espaignet et avec une vingtaine de comédiens sur scène pour une durée de 80 minutes.
 Guerre dans Mars est découpée en quatre actes. Dans cette pièce, Malcolm de Chazal aborde le thème de la science-fiction. L’histoire se déroule en 2115 sur la Terre et sur Mars. Une pièce à la fois comique et satirique qui relate l’aventure de terriens dont le but suprême est de conquérir Mars après qu’ils aient fait de la Terre « une vaste confédération mondiale fonctionnant en Soviet suprême et dirigée par un dictateur tout puissant nommé Trumate. » Les Terriens ont même épousé des Martiennes. Sur Mars, par contre, les habitants sont supérieurs aux Terriens : ils ont un mode de communication télépathique. On côtoie dans cette pièce la pensée chazalienne, sa philosophie d' »unisme » qui permet aux Martiens, de par « leur intelligence, la pureté de leurs objectifs et leur simplicité, de construire un art de vivre en symbiose totale avec la nature ».
Même si l’histoire peut sembler absurde pour certains, elle contient un message philosophique qui nous conduit à une reflexion sur soi, sur le devenir de la Terre et bien sûr ses limites, à travers un humour propre à Chazal.
Décor minimaliste
 Dépourvu de décor contrairement à la tradition du théâtre, n’ayant pour mobilier que quelques chaises installées au fur et à mesure par deux demoiselles et un encadrement servant de fenêtre, la représentation de Guerre dans Mars, mercredi soir, s’est déroulée dans la sobriété. Ce qui a toutefois permis de mieux accueillir le discours des personnages et ainsi d’apprécier le langage à la fois poétique et philosophique de Malcolm de Chazal.
La représentation de Guerre dans Mars est plus une lecture scénarisée qu’une pièce de théâtre comme on l’entend. L’objectif premier derrière cette représentation étant, selon Robert Furlong, président de la FMC de « communiquer le contenu du texte » et de faire connaître au spectateur la pièce de Malcolm de Chazal, « patrimoine national », que l’on croyait perdu. Ainsi, les comédiens, tenant pour la plupart une tablette dans la main, lisait leurs répliques; le spectateur perdait de temps en temps le fil du texte.
Pour ce qui est des costumes, les Terriens étaient habillés de la même manière, en blanc, sauf pour la fille du dictateur. Les Martiens portaient aussi le même costume à l’exception du chef qui était habillé en costume or, couleur qui renvoie à la pureté du soleil et qui est un élément phare des écrits de Malcolm de Chazal.