Dès le soir de son ouverture, Enn a indiqué le ton et les ambitions de ce festival qui, cette année, est placé sous le thème Valer nou Kiltir. Organisée par Le Sapin Café Culture, cette initiative reste fixée sur ses objectifs qui sont de promouvoir les musiques mauriciennes dans un esprit de partage et de découverte.
Les choses se sont mises en place d’elles-mêmes quand musiciens et chanteurs sont montés sur la petite estrade du café. D’accord, l’espace a fini par devenir exigu, vendredi soir, et la chaleur n’a pas arrangé les choses. Mais tout ceci n’a pas empêché l’échange d’énergie entre le public et les artistes, permettant au festival de se forger une ambiance intime réunissant la famille des mélomanes.
À sa troisième édition, Enn demeure le rendez-vous des amoureux de la musique mauricienne sous ses différentes formes. Le Why not project nous l’a présenté en rap, hip hop acoustique, se permettant quelques écarts de séga selon la mise en scène choisie par Lion Kklash, avec qui le groupe a partagé la scène. Une entrée en matière dopée à l’adrénaline avant que le jazz n’installe ses marques.
Jazz certes, mais le langage reste éminemment mauricien lorsque le dialogue entre Linley Marthe, Neshen Teeroovengadum, Philippe Thomas et Christophe Bertin s’enflamme en de beaux discours passionnés et passionnants. Un invité spécial pour rajouter de l’huile sur le feu : Damien Elisa, qui a entraîné ses hôtes dans ses envolées mari seryé.
C’est Marclaine Antoine qui a été choisi pour être le parrain du Festival Enn 2012, qui se poursuit jusqu’au 22 décembre. Le prochain grand rendez-vous est fixé au 14 décembre à l’IFM où le public pourra apprécier le maloya de Grèn Sémé. La projection d’un documentaire sur les instruments d’antan est également prévue. Le 15 décembre, retour au Sapin à Camp Levieux où Etae fera flotter des extraits de son album, Parfin ou Loder.