Le festival international kreol est un événement incontournable. Il s’agit d’une vitrine de notre richesse culturelle, un exemple de notre valeur », dit Navin Ramgoolam, qui procédait hier à l’ouverture de la 6e édition du Festival International Kreol au Centre de conférence international de Grand-Baie. Selon le Premier ministre, le créole représente la base de notre société. D’où son plaidoyer pour que chacun s’enrichisse des communautés qui font la beauté de notre île. « Il y a de nombreuses différences entre chaque communauté, mais ce n’est pas une raison pour que chacun reste dans son coin. Si nous faisons cela, c’est la fin de notre pays », prévient Navin Ramgoolam.
Dans un discours long de 45 minutes, le PM, tantôt à titre d’anecdotes, tantôt avec des exemples d’actions concrètes du gouvernement – à l’instar de la loi sur l’égalité des chances, l’introduction de la langue créole à l’école ou encore la mise sur pied de la Commission Justice et Vérité – est revenu sur « le créolité qui représente la base même de notre société. »  
« Nous avons souvent tendance à oublier ce que nous sommes. Or le créole, c’est non seulement la culture, la langue, la cuisine, mais aussi ses valeurs. » C’est ainsi qu’il se réjouit que pour l’année 2012, 3186 enfants entrant en Std 1 ont choisi cette matière optionnelle et que 85 enseignants ont été formés pour leur en apprendre la richesse. Et de confier qu’il n’était pas lui-même convaincu au départ par l’introduction du kreol dans le cursus scolaire. « Heureusement qu’il y a eu des gens comme Dev Virahsawmy, Arnaud Carpooran, le père Filip Fanchette, Danielle Turner ou encore Mario Flore pour me convaincre », ajoute-t-il.  
La célébration de la créolité à travers un festival est une reconnaissance de la richesse interculturelle de Maurice, dit le chef du gouvernement. « Des fois, ce sont les étrangers qui nous le font remarquer. Or, le créole est notre force unificatrice. Nous devons le reconnaître », dit le PM, plaidant pour qu’on ne fasse pas la même erreur que d’autres nations, citant le génocide de Rwanda en exemple de division entre les peuples.
Navin Ramgoolam encourage les membres de la communauté créole à se prendre en main afin de pouvoir progresser dans la vie. Il cite sa fierté de l’instauration de l’Equal Opportunity Act  sous le gouvernement Ptr/PMSD, malgré la complexité que représentait une telle loi.
« Pa kroir rimer, ziz lor bann faits… »
Il met toutefois en garde la population contre « les rumeurs » concernant cette loi et demande à ce que « ou servi ou propre lespri. Pa laisse lezot servi li pou ou. » Car selon lui, il existe effectivement des campagnes de dénigrement et de division. « Même parmi nous, des fois, lorsque les élections approchent, certains tentent de diviser parce qu’ils croient qu’ils vont devenir ministre s’il sont élus en tête de liste. Na pa croir ki si ou premier, ou pou vinn minis. Pa kroir rimer! Ziz lor bann faits ou pe trouvé are ou lizié », dit Navin Ramgoolam. Et de rappeler l’amendement au Local Government Bill cette semaine. Et d’assurer que comme l’amendement pour une meilleure représentativité des femmes dans les villages et villes, son gouvernement viendra avec un amendement en ce qui concerne le nombre de candidates pour les élections générales.
XLD : « Certaines personnes renient leur culture créole en s’embourgeoisant »
Auparavant, le vice-PM et ministre des Finances Xavier Duval, à l’initiative de la 1ère édition de festival en 2006, a lui aussi vanté les mérites d’une reconnaissance à part entière du créole. « Nous avons instauré ce festival car il y avait un vide à Maurice. Il y avait un manque de reconnaissance de la culture créole, de ses bienfaits et de sa force unificatrice », dit-il. Selon lui, beaucoup d’efforts ont été faits depuis 2006 pour le reconnaissance du créole. « L’histoire retiendra que c’est sous le gouvernement Ptr/PMSd qui le créole a fait son plus grand pas », dit Xavier Duval, citant en exemple l’édition du premier dictionnaire en créole, la mise sur pied de la Commission Justice et Vérité, l’introduction de la langue créole dans les écoles… Néanmoins, selon le VPM, certaines personnes renient cette richesse qui fait notre culture mauricienne « en s’embourgeoisant. »
Lors de cette cérémonie d’ouverture, le thème Kréolité, valer ek vision a été abordé par le père Filip Fanchette, Marie-Noëlle Elissac Foy et Michel Savy, des Seychelles. Ce dernier, qui s’est appesanti sur la Kreolité, enn lidantité Inik. Me ki nou fer pou preserv et promote li?, a fait un plaidoyer pour la reconnaissance de la langue créole en tant que langue officielle et qu’elle soit utilisée comme langue politique et diplomatique.