Le Festival International Kreol, qui est à sa 10e édition cette année, a été lancé pour la première fois par sir Anerood Jugnauth, le Premier ministre, à l’Auditorium Octave Wiehe ce matin. Ce dernier a estimé que le festival appartient à toute la nation mauricienne. Cette cérémonie d’ouverture a également été marquée par l’intervention du Premier ministre adjoint, Xavier-Luc Duval, initiateur de cette manifestation annuelle. Il a affirmé que le festival permet de démontrer la valeur, la beauté et la diversité de la culture créole. « Soyons francs, la culture créole a souffert des préjugés et même du mépris pendant des années », a-t-il lancé.
Le Premier ministre a longuement parlé de la place de la langue créole dans la communauté mauricienne et a eu un mot spécial pour ceux qui ont travaillé pour sa reconnaissance. Il rappelle que le kreol est une langue optionnelle enseignée à l’école, un médium d’enseignement et est utilisé au sein de l’Assemblée nationale dans certaines situations. SAJ estime qu’« il faudrait peut-être faire plus pour les enfants qui sont en situation d’échec scolaire ».
Tenant en ligne de compte ses différentes utilisations et sa reconnaissance par toutes les composantes de la société mauricienne, SAJ estime que la langue créole a connu une évolution positive. « Nous devons en être fiers », dit-il.
Le Premier ministre a rappelé que la musique et la danse que nous apprécions tous sont utilisées pour faire la promotion de Maurice comme destination touristique. « Nous avons surtout notre langue et culture propre. De ce fait le Festival kreol est le festival de la nation mauricienne ».
Sir Anerood Jugnauth s’est réjoui du rassemblement de tout un peuple autour de la langue créole. « C’est un rassemblement de la créolité dans toute sa dimension. Le gouvernement s’engage dans le développement de la culture mauricienne dans toute sa richesse et sa diversité et à ce niveau le ministère des Arts et de la Culture a un travail important à faire ».
Pour sa part, Xavier-Luc Duval a dit sa fierté de voir que le festival a atteint sa dixième édition. « Je suis heureux d’avoir participé à chacune des éditions », dit-il. Il a expliqué que la création du festival est venue corriger une anomalie. « Je ne comprenais pas comment les Seychelles, La Réunion, Rodrigues, la France, le Canada, l’Australie avaient tous leur festival créole et pas Maurice ». Pour lui, il fallait rectifier cette anomalie. Cette manifestation annuelle a aujourd’hui pris de l’ampleur pour devenir le plus grand festival culturel du pays. L’importance de ce festival réside dans le fait qu’il reflète l’importance de la culture créole, de la place de la créolité dans la société mauricienne.