Le ministre du Tourisme et de la Culture des Seychelles, Alain St Ange, et le président de la Région Réunion, Didier Robert, ont rencontré les journalistes qui sont venus couvrir le Festival Kreol aux Seychelles, pour parler du développement économique entre les deux pays.
Un axe commercial entre ces deux îles de l’océan Indien est important pour les entreprises réunionnaises et serait aussi un plus pour le peuple seychellois, selon les deux intervenants. Le ministre seychellois a parlé des liens affectifs et historiques qui existent entre ces deux îles de l’océan Indien. Au départ de la colonisation de l’archipel par la France, des habitants de l’île Bourbon ont été parmi les premiers à venir s’installer aux Seychelles. Ainsi il n’est pas étonnant de voir des descendants de ces colons qui portent les noms Hoareau, Payet ou Vidot, en grand nombre dans l’archipel. Aujourd’hui, le gouvernement seychellois s’intéresse aux produits fabriqués à l’île de la Réunion, car il est un fait qu’aux Seychelles un bon nombre des produits, surtout alimentaires, sont importés, et cela à des prix loin d’être économiques pour un petit marché de moins de 90 000 habitants et surtout de 300 000 touristes qui visitent l’archipel annuellement et qui se trouvent être le pilier de l’économie seychelloise. L’archipel a très peu de terrain disponible pour l’agriculture ou faire de l’élevage à grande échelle. Le ministre Alain Saint Ange a déclaré qu’importer des aliments de base de l’île de la Réunion est important, vu qu’il n’y a que 2 h 30 de vol jusqu’aux Seychelles. Le ministre du Tourisme et de la Culture reconnaît que les Seychelles sont un petit marché, mais qui peut aider les producteurs réunionnais à écouler leurs produits sur l’archipel.
Le ministre a également dit à la presse locale, régionale et internationale son désir de voir Air Austral assurer la liaison entre l’île de la Réunion et les Seychelles pour acheminer le fret et les touristes. L’île de La Réunion est un marché émetteur, et des discussions sont déjà entamées pour que le coût du billet d’avion soit très compétitif. Mais en retour les deux partenaires veulent s’assurer que les touristes qui viennent aux Seychelles pour la beauté de ses lagons et de sa nature verdoyante, puissent faire un saut à l’île de la Réunion, pour découvrir ses atouts. Didier Robert est venu aux Seychelles avec une forte délégation d’hommes d’affaires de l’île de la Réunion, pour venir voir sur place comment consolider une coopération établie depuis trois déjà. Le président de la Région Réunion a rappelé les échanges dans les domaines de l’éducation, du sport et maintenant de l’économie. Il a parlé du concept des îles Vanille de l’océan Indien (les Comores, Madagascar, Rodrigues, les Seychelles, La Réunion, les Maldives, Maurice) et s’attend à ce que d’autres pays de la région (Zanzibar et les îles du Canal de Mozambique) rejoignent le groupe. Un accord a été signé en 2010 et renouvelé depuis entre St Denis et Mahé, cependant les relations économiques aujourd’hui entre les deux partenaires est très faible. Mais la visite du président de la République des Seychelles, James Alix Michel, au mois de juillet dernier, a marqué un tournant dans la relation entre l’archipel et le département outre-mer de la France, dans la volonté d’approfondir leur coopération régionale sur les plans économiques et commerciaux. Didier Robert a aussi parlé des Premières Rencontres du Développement Durable Seychelles-Réunion, qui marquent un nouveau pas pour la croissance verte de deux territoires. Pour le président de la Région Réunion, l’indépendance énergétique représente un enjeu stratégique, et plus encore pour les régions insulaires avec l’augmentation croissante de la demande en énergie sur leur territoire. Il a rappelé qu’un accord cadre a été signé entre la Seychelles Energy Commission et la SPL Énergies Réunion, en juillet dernier, pour permettre aux entreprises réunionnaises qui disposent d’un savoir faire spécifique de collaborer avec l’archipel et d’apporter leur expérience dans le domaine des énergies renouvelables.