La semaine dernière, la haute commission indienne proposait l’avant-dernière activité dans le cadre de la première phase du festival de l’Inde : un spectacle de marionnettes de l’Aakar Puppet Theatre du Rajasthan. Une véritable découverte qui aura ravi petits et grands ayant fait le déplacement.
 « On les a vues à la télévision, mais c’est un tout autre monde lorsqu’on les voit en live », affirme Nesha, âgée de 70 ans. Elle découvre pour la première fois l’univers magique des petites figurines à qui les marionnettistes semblent donner vie en les manipulant du bout de leurs doigts par l’entremise de ficelles attachées au bout des doigts.
D’une dextérité déconcertante ! « J’ai plus de 20 ans d’expérience dans la manipulation de ces marionnettes », affirme Sanjeet Bhatt au Mauricien à l’issue de l’atelier de travail que son frère Ranjeet Bhatt a animé dans la matinée du 28 septembre au RTI à l’intention du public, constitué surtout des membres de la Geet Gawaï Society de Petit-Raffray.  Notre interlocuteur souligne qu’il fait évoluer des marionnettes attachées à un maximum de 25 fils au bout de ses doigts.
Les petites figurines sont mises en scène par l’Aakar Puppet Theatre. « We are in a family of puppeteers for several generations. It is traditionnal puppetry from Rajasthan », souligne Ranjeet Bhatt. Chez les Bhatt, toute la famille est engagée dans cet art millénaire : les frères, les femmes, les enfants… Tous confectionnent eux-mêmes leurs marionnettes, montent des spectacles et les vénèrent. « Bhawani is our god mother. Every morning and before every show, we pray them so that everything goes on smoothly », fait ressortir notre interlocuteur. Les marionnettistes, quant à eux, ont appris à les manipuler depuis leur enfance en voyant faire les grands.
Si Sanjeet Bhatt excelle dans cet art, son frère Ranjeet chante et joue de l’harmonium pour les accompagner sur scène. D’autres membres de famille sont engagés dans d’autres arts du spectacle : danses sur du verre cassé, sur des sabres ou sur un plateau, avec des pots sur la tête, chants, manipulation de marionnettes  diverses pour raconter des histoires et des tranches de vie… La troupe est constituée d’hommes et de femmes se répartissant les différents rôles. Cependant, à ce jour, les femmes ne manipulent toujours pas les marionnettes à cordes. Traditionnellement, souligne Ranjeet Bhatt, seuls les hommes étaient engagés dans cet art « à cause de l’indisposition des femmes » à une certaine période du mois. « Mais aujourd’hui, les choses ont changé. » La troupe donne des représentations et anime des ateliers de travail en Inde et à l’étranger. « Nous avons une formation de base qui dure 25 jours, que nous offrons régulièrement sur demande », soutient-il.
Pour le spectacle à Maurice, ils sont arrivés avec cinq des 52 marionnettes de leur collection. Après l’atelier de travail, ils ont offert un spectacle au RTI. Des élèves étaient également présents pour l’occasion. Certains personnages les ont interpellés plus que d’autres, à l’instar du magicien qui retire sa tête de son corps et danse. A un moment donné, elle disparaît même. L’occasion pour le marionnettiste d’inviter les enfants à participer au spectacle. Avec une certaine hésitation, mais tout excité, l’un d’eux monte alors sur scène pour aller la chercher.
Lors de l’atelier de travail, Ranjeet Bhatt a donné une explication sur chacune de leurs marionnettes – les traditionnelles, les contemporaines, de même que celles qui viennent de l’étranger pour s’inscrire dans leur spectacle. L’Aakar Puppet Theatre a donné trois spectacles durant ce séjour. Outre celui d’Îlot, il s’est produit en soirée de gala au centre Indira Gandhi pour la culture indienne (IGCIC) le vendredi précédent et au centre commercial de Phoenix. Un spectacle qui a eu beaucoup succès, que ce soit auprès des enfants que chez les adultes.