La troisième édition du Festival Opera Mauritius sera consacrée aux Années folles. Opéra, concerts, conférences et défilé de mode composeront l’événement. Le moment phare demeurera l’opéra La Traviata de Giuseppe Verdi. La distribution comprenant Véronique Zuël-Bungaroo, Alexandru Badea et d’autres artistes est fin prête pour rencontrer le public mauricien, le vendredi 14 septembre. La troupe a présenté La Traviata dans une version concert à La Réunion, la semaine dernière.
Les années vingt. Une période d’après-guerre qui fut témoin de grandes révolutions sociales et culturelles. “Même la mode avait connu un bouleversement durant ces années. Après la Première Guerre mondiale, les grandes robes et les costumes à trois pièces avaient fait la place à des tenues plus simples. C’est au cours de cette époque qu’est née la coupe à la garçonne. On voyait plus de femmes la cigarette à la main”, affirme Paul Olsen, qui s’en est inspiré pour la troisième édition du Festival Opera Mauritius. Une idée de l’organisateur du festival, de la soprano Katrin Caine et du chef d’orchestre Martin Wettges. “Nous avons souhaité aller au-delà d’un simple opéra. D’où l’idée de bâtir tout un festival autour de cette période magique”, souligne Paul Olsen. À commencer par l’opéra de Giuseppe Verdi.
Émouvante et intimiste
À travers un décor et des costumes appropriés, La Traviata nous projette dans l’univers parisien des années vingt, avec son bouillonnement culturel et son avant-garde artistique. Ayant survécu à la Première Guerre mondiale, la génération des années vingt était habitée par une envie de vivre passionnée. Cela se retrouve chez Violetta Valéry (Véronique Zuël-Bungaroo), dont l’existence brève, trépidante, exemplaire, marquée par le sacrifice, n’est pas sans rappeler cette génération, lancée à l’assaut de la vie.
Mis en scène principalement par la Française Ludivine Petit, qui a bénéficié du soutien de Gérard Sullivan (co-metteur en scène) et de Yann Forget (assistant metteur en scène), l’opéra La Traviata est basé sur un livret en italien de Francesco Maria Piave d’après La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils.
L’opéra raconte l’histoire de la courtisane Violetta et d’Alfredo Germont (Alexandru Badea). Lors d’un dîner, ce dernier déclare son amour à la jeune femme, qui délaissera ses amants afin de vivre une folle passion avec le jeune homme. Mais le père d’Alfredo s’oppose à cette liaison et persuade Violetta d’abandonner son fils…
Le succès de La Traviata tient autant à un poignant portrait de femme qu’à la théâtralité du texte, révélé par la musique de Verdi, qui épure, magnifie, transfigure situations et sentiments. “Notre choix s’est porté vers cet opéra pour toute la beauté qui l’entoure. La Traviata est une oeuvre extrêmement émouvante et intimiste”, confie Paul Olsen.
Rencontre
Pour la troupe de Festival Opera Mauritius, La Traviata est une expérience de rencontre entre des personnes de divers horizons. Maurice et la Roumanie se croiseront à travers le duo composé de la soprano Véronique Zuël-Bungaroo et du ténor Alexandru Badea. La touche française sera apportée par Ludivine Petit, metteur en scène, tandis que l’Allemand Martin Wettges partagera ses connaissances musicales. L’Autrichien Michael Kraus, le baryton allemand Markus Brück et le jeune baryton malgache Michael Rakotoarivony complètent le tableau des nationalités. “Chacun apprendra des uns et des autres”, dit Paul Olsen.
Un partage qui dégage une forte énergie. Celle procurée par l’ambiance magique de l’opéra mais qui n’aurait pas été aussi intense sans l’Opera Mauritius Choir. Regroupant une soixantaine de membres sous la direction de Katrin Caine, le choeur a fait ses débuts sur scène pour Les Pêcheurs de Perles en 2009. Une expérience renouvelée en 2010 avec Carmen. Aujourd’hui, cette équipe a atteint un niveau professionnel, salué par le public comme la critique.
À quelques jours de la première représentation de La Traviata, c’est un Paul Olsen satisfait mais surtout fier de son projet que nous avons rencontré. “Ma fierté vient du fait qu’on ait pu réaliser un projet énorme et important.” Un objectif qui n’aurait pas été atteint sans la collaboration et la bonne volonté de tout un chacun.
Le passionné d’opéra qu’est Paul Olsen espère pouvoir concrétiser son rêve, qui est de créer un opéra mauricien. “Ce sera dans un esprit purement local. Un opéra moderne qui sera probablement en créole.”